La Meurthe-et-Moselle avec DSK

Blog de soutien en Meurthe-et-Moselle (54) à la candidature de Dominique Strauss-Kahn 2007.

05 novembre 2006

Jack Lang: je refuse de "suivre le dernier chien qui passe"

langralliesegoC'était un secret de polichinelle. Le JDD avait déjà vendu la mèche il y a 15 jours après les fuites (orchestrées) de l'entourage de Ségolène Royal (lire l'article sur "la Moselle avec DSK"). Mais il fallait que cela soit annoncé médiatiquement, c'est-à-dire au 20h de Claire Chazal sur TF1 ce dimanche.

Jack Lang a donc confirmé son soutien à Ségolène Royal, un mois jour pour jour après avoir été évincé de la course à l'investiture par François Hollande, qui, selon lui, lui aurait empêché d'avoir les parrainages nécessaires. Et quelques semaines à peine après avoir déclaré qu' "il n'était pas un toutou auxquel, sur un coup de sifflet, on pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil" (après les propos de F. Rebsamen lui demandant de se retirer de l'investiture) et qu' "il refus(ait) de suivre le dernier chien qui passe".

Peu importe. Depuis les choses ont changé. Il estime en effet que Ségolène Royal est la seule à pouvoir arriver en tête au premier tour de la campagne interne, ce qui n'est pas franchement une surprise. Il souhaite voir une femme accéder à l'Elysée... ce qui est louable, mais ne constitue pas en soi une perspective politique. Sans grande conviction, il a démenti avoir négocié son soutien contre un poste ministériel, mais selon l'entourage de Ségolène Royal, le ministère des Affaires étrangères lui est promis. Cela sera la 12ème fois qu'il sera ministre, un chiffre rond. Il rejoint ainsi les jeunes "pousses" de l'équipe Ségolène chargées d'insuffler ce renouveau qu'attendent nos concitoyens : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... septuagénéaires et octogénaires dont il sera le benjamin. Comme le dit Pierre Mauroy avec philosophie et tristesse : "dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent". On ne saurait être plus explicite et réaliste. Ce faisant, Jack Lang tire définitivement un trait sur sa fédération du Pas-de-Calais qui votera DSK.

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DSK : primaire socialiste et métaphores marines

clipperCela fait déjà 3 semaines que la course a commencé. Chaque bateau suit sa propre voie, mais vise le même but : la victoire. Donné grand favori, l'imposant galion "Désirs d'avenir" mène la course mais le vent des sondages qui lui était favorable s'est détourné. Il semble immobile. Trop lourd, la quille commence à racler les bas-fonds. A bord, l'équipage pléthorique s'énerve. C'est le branle-bas de combat ! "On perd notre avance ! Où est Mme Royal ?", crie Julien Dray. "Elle est en visioconférence avec les journalistes qui ne comprennent pas ses choix stratégiques. Faites un forum pour décider de la marche à suivre", répond Arnaud Montebourg. "OK ! Tout le monde sur le pont !!!" aboie François Rebsamen.

Derrière, loin derrière, le rafiot "A babord toute" se traîne péniblement. Fabius, le vieux loup de mer, enrage : son équipage est vaillant mais le bateau est trop lourd, trop vieux, il craque de partout. "Mon fidèle Bartolone, dîtes aux hommes de sortir les rames et souquez ferme ! Tout n'est pas perdu !". Il scrute l'horizon. Le regard las, il peste : "Quelle idée d'avoir pris cette coque des années 80 !". Ouvrant les sabords, il tire quelques bordées sur ses deux compétiteurs, sans trop y croire.

Pendant ce temps, la frégate "Social-démocratie" file à fière et régulière allure. Elle commence même à profiter du vent des sondages. La voie choisie semble la bonne. Ils traversent un gros grain depuis quelques jours mais à bord, le moral est au beau fixe. Chacun fait ce qu'il a à faire avec compétence et une seule idée en tête : la victoire. Le capitaine DSK tient fermement la barre et maintient le cap avec intelligence et détermination. Il sait que la mer sera encore très agitée entre le 16 et le 23 novembre. Qu'importe ! La ligne d'arrivée approche. Il sait qu'il peut gagner. Il sait que la victoire de sa frégate sera celle de tout un pays.

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04 novembre 2006

En campagne, DSK se régale !

Dominique Strauss-Kahn était hier à Lille. Devant 700 militants, il s'est défini comme le candidat du mouvement et de la vérité. Compte-rendu du journal Nord-Eclair :

dskreuters"C’est un Dominique Strauss-Kahn précis et détendu qui a fait étape à Lille hier soir. Public conquis, campagne rodée. Efficace.

Il a l’oeil DSK, il a bien repéré au premier rang le premier adjoint de Martine Aubry, Pierre de Saintignon, et cet autre fidèle qu’est Yves Durand, le maire de Lomme. Pas anodin ? Sûr que « c’est un signe très prometteur »... Martine Aubry n’est pas là mais elle lui a envoyé « un message très cordial », alors…

On n’a pas refait l’histoire, juste rappelé que ceux qui étaient persuadés que DSK lâcherait avant la candidature, « ceux-là en sont pour leurs frais ». Candidat donc et encore plus maintenant, depuis qu’il sent un « frémissement » devenu un « mouvement ». DSK semble dopé par la campagne interne au PS, ce débat qui « a déjà un gagnant : le Parti socialiste.

Un petit discours de la méthode aussi. DSK érige la vérité en valeur cardinale. « Depuis 81, nous avons été élus trois fois et, au bout de cinq ans, nous avons été trois fois battus (...) Nous devons quand même nous poser quelques questions sur la relation que nous avons, nous socialistes, avec la vérité ».

DSK insiste. « Dire : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, ça c’est du Pasqua. Ce n’est pas la gauche ! ». Applaudissements. Dominique Strauss-Kahn veut se démarquer des marchands de rêves.

« Le projet de la gauche doit être un mouvement, un progrès, nous devons dire où on va ». Il enchaîne, c’est idéal comme transition pour résumer son projet, sur sa différence. Le plein-emploi dans moins de dix ans, c’est possible. La réforme des retraites, c’est promis. Un président qui ne soit pas « la vigie en haut du mat mais le capitaine qui mène le navire », c’est indispensable. L’économique comme objectif, la démocratie comme moyen, c’est son credo. Au jeu des questions-réponses avec la salle, pas de pièges. DSK griffonne quelques notes, rebondit comme un chat qui se lèche les babines. Une certitude, au moins, DSK ne boude pas son plaisir. En campagne, il se régale celui-là... "

De son côté, Ségolène Royal était dans le Gard. Devant une assistance maigrichonne de moins de 200 personnes, elle s'est présentée comme la "candidate qui rassemble" (apparemment pas tant que ça). Elle a critiqué ses deux challengers et s'est plainte une nouvelle fois de la primaire et des débats, qu'elle juge "inutiles et trop long" et "contre-nature" (sic). Elle a indiqué qu'elle "sentait le parfum de 1981", oubliant sans doute le tournant de la rigueur et le virage de 1983, prélude aux défaites de 1983 et 1986 ; des virages qui ont saigné la Lorraine et que l'on ne peut pas oublier. Faisons plutôt en sorte que 2007 ait le parfum de la gauche durable.

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03 novembre 2006

Débat au Zénith : le verdict des militants

A l'issue du débat qui s'est déroulé à Paris au Zénith jeudi dernier, LCI a demandé leurs impressions à onze militants au hasard dans la salle. Onze impressions qui donnent le ton et montrent dans quel sens évolue en ce moment les militants. Par ailleurs, n'hésitez pas à visionner les trois vidéos (une pour chaque candidat) du débat pour vous rendre compte par vous-mêmes ici : http://www.dailymotion.com/Razzye

Michel, 48 ans, économiste

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithC'est Strauss-Kahn qui a fait le meilleur débat. Il donne l'impression d'avoir un projet d'ensemble. Je suis un peu choqué par Ségolène Royal qui fait énormément dans le populisme, et pas seulement ce soir. Les jurys populaires me semblent être une aberration. Fabius lui a été assez rétrograde car le projet PS est difficile à tenir et donc s'y référer tellement n'est pas très sérieux.

Kenza, 25 ans, étudiante

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithLaurent Fabius était le plus convaincu ce soir donc le plus convaincant. La salle a semblé conquise. Ségolène, je ne l'ai pas trouvée très bonne car elle avait des difficultés pour synthétiser sa pensée. C'est une mauvaise oratrice, et cela montre qu'elle n'a pas forcément une vision politique. Ça se révèle quand elle parle en public. C'est un problème. Pour le vote, j'hésite encore entre Fabius et DSK.


Joël, 38 ans, universitaire

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithAvec tout le respect que j'ai pour elle, je pense que Ségolène Royal est dans le registre de la séduction. Je suis venu ce soir pour me rendre compte de la réalité, au-delà des critiques sexistes contre elle. Mais cela confirme ce qui se dit, elle manque de profondeur. Je n'ai pas adhéré pour être dans le superficiel. Laurent Fabius m'a semblé le plus convaincant car il est le candidat le plus abouti pour la fonction présidentielle.


Marigrine, 59 ans, avocate

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithFabius a été très bon orateur mais il a peut-être fait trop de promesses démagogiques ce soir. DSK a été très intéressant avec son côté parler-vrai. Ne promettre que ce que l'on peut tenir. J'ai apprécié ses références aux idéaux du socialisme : les conquêtes de 1936, mai 68... En revanche, j'ai été très déçue par Ségolène qui a été creuse et moins bonne que d'habitude. C'est vrai que c'était difficile pour elle car le public ne l'a pas épargnée et c'est inadmissible. Mais elle s'est laissée entraîner par la forme et a délaissé le fond. Je fais partie d'un de ses comités de soutien parisiens mais je commence à changer d'avis.


Steven, 19 ans, étudiant

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithDSK m'a semblé le meilleur. Il a le mieux argumenté et a été le plus pragmatique. Je ne sais pas encore si je vais voter pour lui ou pour Ségolène Royal. Je me déciderai au dernier moment. Elle a été pas mal huée mais je l'ai trouvée pas mal, notamment sur la démocratie directe. Elle parle de ce dont le peuple a envie, contrairement à ceux qui ont été ministres. Mais dans un grand meeting, sa voix passe mal. La voix grave de DSK passe mieux. Je me déciderai au dernier moment.


Catherine, 30 ans, fonctionnaire

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithLe débat a confirmé mes convictions : je trouve que Dominique Strauss-Kahn est le meilleur sur le fond. Il a su rebondir et bien joué le jeu du débat. Quant à Ségolène, c'était la première fois que je la voyais et j'ai été assez déçue. Même si sur le fond, elle est fragile. Je pensais qu'elle avait une réelle présence. Or elle a été réellement mise en difficultés par les sifflets, inacceptables d'ailleurs. Mais je pense que son discours est trop démagogique.


Edouardo, 30 ans, cadre

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithSégolène m'a convaincu car elle a les trois clés du succès : le projet socialiste, la participation comme méthode et l'union de toutes les forces de gauche. Je trouve que les huées, c'est dommage. Je l'ai trouvée aussi bonne que mardi dernier à la télévision. Ça s'explique peut-être par l'organisation de la salle, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, ces sifflets ne sont pas du tout une bonne chose car nous sommes tous des socialistes et on ira tous derrière le ou la candidate qui sortira des urnes.


Jérôme, 30 ans, directeur de production

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithStrauss-Kahn a été le meilleur dans ce débat car il maîtrise ses sujets. Il ne fait pas des promesses intenables et tient un discours de vérité. Il est dans le prolongement de la deuxième gauche de Michel Rocard. Il confirme sa stature de président de la République. Moi, je me refuse à critiquer Ségolène Royal car si elle gagne, nous serons tous derrière elle. Mais ce soir, elle n'a pas été très bonne et plus je la regarde, et moins je la trouve bonne. Elle manque d'expérience et développe des thèmes populistes qui ne doivent pas être ceux d'une personne qui vise la magistrature suprême.


Lucette, 46 ans, ingénieur

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithFabius m'a plu car il a une stature d'homme d'Etat et un discours de gauche. Il défend le projet socialiste. Ségolène Royal n'a rien dit, que des banalités et c'était triste à mourir, même pour elle. C'était pathétique. En plus, les sifflets n'ont pas été organisés. Elle n'a pas été sifflée à son arrivée sur scène mais ce sont ses propos qui ont provoqué progressivement de la déception.


Bertrand, 50 ans, fonctionnaire

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithIl y a eu deux registres convaincants, chacun dans son style : celui de DSK, sur le plan de la pédagogie. Et Fabius, sur la vérité de la gauche. J'ai trouvé Strauss-Kahn courageux car il a prononcé un discours lyrique et ce n'est pas dans son habitude. Il a cogné sur Ségolène. Personnellement, Royal m'a fait peur. Pour la première fois, elle parlait sans notes et elle s'est révélée très faible dans sa façon de s'exprimer. Une Arlette Laguiller du catéchisme. Et puis à force de faire des clins d'œil à la droite, elle a fait peur à la salle sur les valeurs de gauche.


Thomas, 26 ans, assistant parlementaire

TF1/LCI, Renaud Pila : Militant au débat PS au ZénithDifficile de dire qui l'a emporté. DSK a été le meilleur sur le réalisme et la capacité de faire gagner la gauche dans la durée. Fabius a été convaincant en proposant des mesures concrètes pour les milieux populaires. Enfin, Ségolène Royal a été décevante car elle a été trop générale. Elle s'est trop étendue sur la démocratie participative sans aborder d'autres sujets. Elle n'a pas été très percutante. Pour le vote, j'hésite encore entre Strauss-Kahn et Fabius. Je me déciderai dans les derniers jours.

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La popularité de Dominique Strauss-Kahn bondit !

DSK crédit photo TF1/LCILe dernier sondage TNS-Sofres/Figaro Magazine va donner des ailes aux partisans de Dominique Strauss-Kahn, engagé dans la bataille des primaires au PS pour l'investiture socialiste. Il gagne en effet 11 points de popularité, à 40%, progressant dans toutes les catégories. Ségolène Royal reprend pour sa part trois des sept points perdus le mois dernier, et reste en tête avec 55% des Français souhaitant "lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir". Nicolas Sarkozy se stabilise à 50%, comme en octobre. Laurent Fabius reprend les 6 points perdus en octobre, à 22%. - LCI 02/11/2006

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02 novembre 2006

DSK : je veux un président engagé qui assume

Chère Camarade, Cher Camarade,

Dans les précédents numéros de l’Hebdo, je t’ai indiqué quelle était ma ligne - « sociale et démocrate » -, ma méthode - le « Pacte de l’Elysée » et mon engagement envers la jeunesse - « un patrimoine public pour ceux qui n’ont pas de patrimoine privé ».

Aujourd’hui, je veux revenir sur ma vision de la démocratie et sur ma conception de la fonction présidentielle : un « Président engagé ».

Si je devais résumer les maux dont souffre notre démocratie, je dirais que les Français ont le sentiment que le pouvoir est à la fois confisqué et impuissant. Confisqué, car il est concentré, et même hyper-concentré entre quelques mains. Impuissant, car il a montré son inefficacité et, pire encore, donné le sentiment de n’avoir plus prise sur rien.

Pour apporter des réponses à ces deux maux, je m’appuie sur quelques principes simples. Nous avons le devoir de renforcer les contre-pouvoirs. Nous avons le devoir de réhabiliter la responsabilité politique.

Je vais être rapide sur les contre-pouvoirs. Je suis favorable à une démocratie parlementaire, donc à la revalorisation de l’Assemblée nationale, donc à l’interdiction du cumul des mandats, donc à des réformes constitutionnelles qui sont parfaitement détaillées dans le projet socialiste. Je suis favorable à une démocratie locale revivifiée, donc à une nouvelle étape de la décentralisation, donc à des transferts de compétences, donc, j’y insiste, à des transferts et à une péréquation des ressources. Je suis favorable à une démocratie participative plus active, donc à tous les instruments qui permettent de renforcer - et non d’affaiblir, de surveiller, de soupçonner - la démocratie représentative.

Je veux, en revanche, être plus précis sur la responsabilité politique car je porte, sur cette question, une vision différente de celle de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.

Pour moi, trois données politiques majeures caractérisent la situation actuelle. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct désormais pour un quinquennat. Jacques Chirac a incarné jusqu’à la caricature une présidence du verbe. Le candidat de la droite, vraisemblablement Nicolas Sarkozy, tentera de faire de « l’action » et de la « volonté » ses arguments de campagne - faute de pouvoir défendre un bilan désastreux et de pouvoir assumer un projet qui tourne le dos à deux cents ans de notre histoire.

Conclusion ? Nous avons besoin d’une nouvelle conception de la Présidence de la République qui marque une rupture par rapport au passé et qui tienne le choc par rapport à nos adversaires. Je l’ai appelée la « présidence engagée ».

Dès lors, cette présidence engagée constitue à la fois une nécessité politique et une avancée démocratique.

Pourquoi ?

Parce que le Président est engagé sur un mandat. Il est arrivé, notamment en 2002, que le futur Président n’ait présenté pendant la campagne aucun programme autre que de bonnes intentions. Il est arrivé, plus souvent encore, que le Président élu se détourne de sa propre majorité en invoquant la nécessaire unité des Français. Bien sûr, le Président de la République se doit de représenter tous les Français. Mais il doit être comptable d’une politique, présentée devant les Français et approuvée par une majorité d’entre eux : c’est cela un Président engagé !

Il y a davantage. Le Président doit être engagé dans l’action. Je ne veux plus d’un Président-monarque qui se contente de commenter l’action de son Gouvernement ou qui se limite à des incantations. Regardez ce qui s’est encore passé il y a deux semaines. Jacques Chirac a prononcé un discours sur la démocratie sociale. Il a dit le contraire de ce qu’il a fait dans le passé - notamment avec le CPE. Et, une nouvelle fois, il ne fera pas ce qu’il a dit. Je veux un Président qui agisse et qui assume sa responsabilité.

Sur les questions européennes et internationales, au Conseil européen, au G8, dans les grandes négociations, il doit avoir une position claire pour convaincre ses partenaires. Ce n’est pas seulement le rang de la France qui est en jeu, c’est aussi la vie quotidienne des Français tant il est vrai que les questions européennes ou internationales ne sont plus des questions de politique étrangère.

Sur les questions de politique intérieure, il doit également s’impliquer. Si, pendant la campagne, je dis que ma première priorité est économique et sociale ; une fois élu, mon premier chantier sera économique et social. Ce sera le « Pacte de l’Elysée ».

Je me résume : je ne veux pas d’un Président qui fasse tout - pas d’inquiétude pour le Premier ministre, il y aura bien suffisamment à faire pour deux ... Mais je veux un Président qui assume tout : c’est cela, un président engagé !

Dominique Strauss-Kahn.

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01 novembre 2006

DSK propose le plein emploi avant dix ans

LIBERCOURT (AFP) - Le candidat à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle Dominique Strauss-Kahn a proposé mardi, à Libercourt (Pas-de-Calais), de parvenir au « plein emploi dans moins de dix ans » en retrouvant « la confiance ».

DSK« L'objectif, je l'ai dit, c'est le plein emploi dans moins de dix ans. Alors on me regarde, et on me dit : attends, on ne peut pas faire cela. Moi je dis que nous pouvons le faire », a-t-il déclaré.

« Le plein emploi, ce n'est pas réduire à zéro le chômage, c'est : tous ceux qui veulent trouver un emploi peuvent trouver un emploi », a précisé le député du Val-d'Oise.

« Ce qui manque c'est la confiance (...) On peut retrouver cette confiance, et si on peut retrouver cette confiance on peut marcher vers cet objectif de plein emploi », a poursuivi Dominique Strauss-Kahn, en ajoutant que cela passait par « l'équilibre des comptes sur la retraite, l'équilibre des comptes sur la Sécurité sociale ».

« Ma priorité elle est claire, c'est l'économie pour servir le social. Mon objectif c'est le plein emploi. Ma ligne politique, c'est celle que j'ai dite, c'est la social-démocratie », a-t-il affirmé.

« Si on veut ramener à la démocratie les Français, il faut faire des propositions d'instances nouvelles bien sûr, ce que l'on appelle la démocratie participative, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond des Français, ces problèmes sociaux, ces problèmes du chômage et de la précarité », a insisté Dominique Strauss-Kahn, évoquant la proposition de « jurys populaires » de son adversaire au sein du PS Ségolène Royal.

Critiquant « ceux qui ne voulaient pas de débat » pour le choix du candidat du PS, Dominique Strauss-Kahn a estimé que « ce serait bien la première fois dans l'histoire du socialisme que la droite arriverait à nous (aux socialistes, NDLR) imposer son candidat ».

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30 octobre 2006

Ségolène : et si ce n'était pas elle ?

dsklibe

« C’est indéfinissable. Presque physique. Cela ne repose pas sur grand-chose. Une somme d’impressions. Des notations éparses. C’est la petite musique du doute. Et pourtant, c’est le fait politique majeur de la période qui s’ouvre, au sein du PS. Et si ce n’était pas elle ».

C’était il y a dix jours à peine, le NouvelObs (n°2189 du 19 octobre) débutait ainsi un premier article sur ce phénomène à peine croyable : la « reine des sondages », selon les termes employés par les médias, ne semblait plus intouchable. Le NouvelObs avait pourtant été le premier à déclarer sa flamme à Ségolène Royal, il y a un an, en titrant sa une « Et si c’était elle ? ». Par la suite, il avait contribué, sans faille, avec d’autres, à sa popularité.

Et l’hebdomadaire, de constater que « Ségolène Royal enregistre plus de ralliements que d’adhésions », livrant les doutes d’un Pierre Mauroy, lui-même rallié de dernières minutes, à la fois affecté et lucide : « Ça sera plus dur que prévu, a soupiré le vieil éléphant (sic). Dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent ».

Que s’est-il donc passé ? Depuis le début du mois d'octobre, nous sommes passés, comme l’avait prédit DSK, du virtuel au réel. La campagne se déroule à l’intérieur du Parti socialiste et non plus par la seule harangue de l'opinion à travers des médias friands de transgressions. Ce faisant, comme le dit Libération de ce week-end (n°7923 du 28-29 octobre), « La favorite essuie ses premiers revers ». En une semaine, elle a perdu 15 points chez les sympathisants. Peu importent les chiffres, la tendance est là.

Depuis son entrée dans la campagne interne, rentrée dans le moule partisan, elle fait montre de moins d’audace et se banalise. Ses soutiens en rafale peinent à démontrer leur sincérité, à tel point que sa candidature fait, comme le dit fort justement Michel Soudais (Politis n°920 du 5 octobre), désormais figure de candidature des éléphants et de l’ « ancien parti socialiste » : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... autant de septuagénaires ou octogénaires, souvent lestés voire plombés d' "affaires" encombrantes, sans parler d'une cour de barons locaux pour le moins soucieux de leurs postes présents et futurs.

Cependant, avec les 35-heures, la carte scolaire, l’encadrement militaire des primo-délinquants, reconnaissons-le : Ségolène Royal a eu un grand mérite en ouvrant ces débats, dont la gauche s’était jusqu’à présent refusée de se saisir, préférant jouer l’autruche entre chaque séisme dans les urnes.

dskzenithMais Ségolène Royal a été grandement irresponsable de se refuser à ouvrir des pistes sérieuses pour apporter des débuts de réponse à ces interrogations. Se contentant de dénoncer ce qui constituent, finalement, les demi-échecs ou les demi-réussites de la gauche, elle a laissé nos concitoyens et les militants en attente. En donnant un coup de pied dans la fourmilière, elle a réveillé quelque chose en eux, une approbation qui s'ajoutait à la nouveauté représentée par une candidature féminine, mais ne parcourant que la moitié du chemin, elle ne peut pas emporter leur adhésion. Elle ne le pourra pas plus demain, car il lui manque la construction doctrinale, la capacité de mettre en dynamique et la vision du futur complexe, les trois qualités que possèdent justement Dominique Strauss-Kahn.

On ne conduit pas un pays comme on conduit une région. C'est un fait. Les débats ont permis d'éclairer les français et les militants sur cette réalité qui fait son chemin. Voilà pourquoi DSK progresse dans l'opinion, petit à petit. L'édifice se construit d'un côté, de l'autre le mirage s'estompe.

« Chez les militants, la parole se libère », titre également le Libération d'aujourd'hui. « Il y a un mois, personne ne se risquait à dire du "mal" de Ségolène Royal. Ce n'est plus vrai ». Aujourd'hui, les langues se délient. Sans doute  « la posture de victimisation commence à lasser », note Paul Quinio dans le quotidien. Sans doute aussi la proposition d'instaurer des jurys de surveillance des élus et de filmer le conseil des Ministres, désapprouvée unanimement par les élus (Association des maires de France, Fédération nationale des élus socialistes et républicains,...), est-elle le "coup de trop", celui qui emporte avec lui la crédibilité de l'auteur. Les préoccupations de la plupart des Français ne sont-elles pas plus "terre à terre" : du pouvoir d'achat, la fin des discriminations et l'égalité réelle, un logement convenable, une bonne école, des études qui débouchent sur un emploi, une protection contre les aléas de la vie, la préparation de l'avenir du pays dans une mondialisation difficile, une vue prospective de l'avenir ?

Retrouvez ici l'interview de DSK dans Libération du samedi 28 octobre 2006

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29 octobre 2006

Grand meeting à Strasbourg avec DSK samedi 4 novembre

dsk_strasbourg

Grand meeting avec Dominique Strauss-Kahn à Strasbourg
Palais des Congrès - samedi 4 novembre 2006 à 18h30 (horaire modifiée)

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28 octobre 2006

DSK chaudement applaudi à Nancy

Réunis vendredi soir dans l'amphi de la fac de droit de Nancy, plein à craquer pour l'occasion, plus de mille sympathisants, de tous les âges, jeunes et moins jeunes, ont pu écouter et interroger Dominique Strauss-Kahn pendant deux heures.

DSK à Nancy le 27 octobore

Ce grand amphi nancéien a dû rappeler à DSK des souvenirs, lorsque, jeune professeur agrégé d'économie, il y enseigna de 1978 à 1981. Toujours est-il qu'après une courte introduction sur la sociale-démocratie rénovée qu'il défend, les questions ont rapidement fusé dans la salle, aucun sujet n'étant épargné : bien sûr, l'Université et son avenir, après une question posée par Richard Lioger, président de l'université Paul-Verlaine de Metz, la condition de vie des étudiants et les bourses (question posée par un jeune étudiant de l'UNEF), permettant à DSK de développer sa proposition d'un "patrimoine de départ" pour les jeunes, que ce soit pour étudier, entreprendre ou se loger, le cumul des mandats, la politique commerciale de la France et la compétitivité des entreprises, l'avenir du franc CFA et le développement du Sud, l'influence culturelle et politique française, la défense et le second porte-avion français, l'avenir de la sociale-démocratie, sa conception de la présidence, sans bien entendu oublier le déroulement de la campagne interne et des débats, la question des jurys populaires, auxquels DSK a redit son hostilité, car « créateurs de désordre », ou encore les méthodes d'approche différentes des deux autres candidats.

DSK et JF Grandbastien
DSK et Jean-François Grandbastien, maire de Frouard et conseiller régional

Au total, dans une ambiance très studieuse qui sied au lieu, entrecoupée de vifs applaudissements, DSK a répondu à une quinzaine de questions dans le détail, arpentant l'estrade comme il le fait lorsqu'il enseigne. Il a insisté sur la nécessité de réformer radicalement, d'accepter les "pas en avant", même petits, lorsqu'ils vont dans le bon sens, et de dire la vérité, en bannissant le populisme qui détruit la démocratie et apporte les désillusions.

dskassisDominique Strauss-Kahn a longuement développé sa conception de la présidence, une présidence à la fois engagée et responsable en permanence devant les français. Contrairement à une légende, le président doit être capable de tenir tête dans les réunions internationales car s'il ne gouverne pas seul bien entendu, il est seul à ces moments-là pour porter la voix de la France et de l'Europe. Tout au long de ses interventions, DSK s'en est pris avec gravité et humour à la politique de la droite et aux penchants populistes, libéraux et bushistes de Nicolas Sarkozy, "le panaméen" qui veut supprimer les droits de succession pour les plus riches.

Dans l'amphi, plusieurs partisans de Ségolène Royal se sont avoués conquis par la prestation et l'argumentation développées par DSK. Franchiront-ils le pas pour quitter les apparences et rejoindre leurs convictions profondes ?

DANS LA PRESSE:

Samedi 28 Octobre 2006, © L'Est Républicain / Nancy

Strauss-Kahn applaudi à Nancy




Applaudi à plusieurs reprises chaudement ! Photo Serge LALISSE

Un bon millier de personnes, dans un amphi plein, pour écouter Dominique Strauss-Kahn hier soir, à la fac de droit.

Ils l'ont écouté avec attention, durant deux heures, dans le grand amphi de la fac de droit. De manière quasi studieuse. Mentons tendus, yeux braqués sur lui. Avec un intérêt qui aurait vraisemblablement ravi le jeune professeur qu'il fut, dans ce même amphi nancéien, de 1978 à 1981, juste après son agrégation.

Dominique Strauss-Kahn avait presque des accents professoraux, hier soir, face au bon millier de personnes venues entendre son point de vue de candidat à la candidature socialiste aux présidentielles. Il s'exprimait debout, main dans une poche, micro dans l'autre. Puis, quand son propos s'animait, le micro passait prestement dans l'autre main et celle restée libre s'agitait.

Devant lui, jusqu'en haut de l'amphi plein à craquer, une moitié d'étudiants, dont de nombreux de sciences po, pour une moitié de personnes plus âgées. Strauss-Kahn n'a pas manqué de souligner que toutes les générations étaient représentées, « des jeunes à ceux qui ont des cheveux plus gris, comme moi... »

Répondant aux questions de la salle, il a su aborder de nombreux thèmes, sous un angle qui lui tient à coeur : celui de la sociale démocratie (notre édition d'hier en page France). René Mangin, vice-président socialiste du conseil général, s'est rallié à lui. Jean-François Grandbastien, maire de Frouard, le soutient activement. Le président d'une université de Metz a pris le micro pour utiliser un tutoiement très militant.

On a même vu la grande silhouette de Mathieu Klein, hier soir, poindre en milieu de travée d'amphi. Mais le jeune vice-président socialiste du conseil général ne s'est pas assis. Il est vrai qu'il a milité pour le non à la Constitution européenne, quand Dominique Strauss-Kahn disait oui.

Reste que personne n'a sifflé le candidat à la candidature. Bien au contraire ! Applaudi à plusieurs reprises relativement chaudement, Strauss-Kahn avait le sens de la formule, il a même décoché quelques flèches, il est vrai, déjà entendues.

Mais, hier soir, ses partisans pouvaient avoir le sentiment que le vent soufflait dans son sens.

Philippe MERCIER

Posté par moselle avec dsk à 22:05 - Soutien à DSK 2007 - Commentaires [2] - Permalien [#]



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