08 novembre 2006
Ségolène Royal : la bourde de la bombe
La compétence et l’expérience sont un inconvénient disait récemment l’ex-rénovateur Arnaud Montebourg. A voir ! Au moins, ces deux qualités évitent-elles de commettre des impairs sérieux.
Hier soir, Ségolène Royal a souhaité que l’on empêche l’Iran de se doter du nucléaire civil. C’est une énorme bourde qui aurait des conséquences graves si elle était commise par un Président de la République.
Que l’on en juge ! Le principe du Traité de Non-Prolifération (TNP) est d’accorder un droit – l’accès au nucléaire civil - et d’en refuser un autre – se doter de l’arme atomique. L’article 4 du TNP précise ainsi : « aucune disposition du présent Traité ne sera interprétée comme portant atteinte au droit inaliénable de toutes les Parties au Traité de développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination ».
L’Iran est signataire du TNP : son droit au nucléaire civil et à la la maîtrise du cycle est donc inaliénable. Si la France déniait à l’Iran le droit d’accès au nucléaire civil, elle se mettrait donc en contravention avec le TNP. Ce serait une position illégale au regard du droit international. Même les Etats-Unis ne réclament pas cela.
Le résultat d’une telle politique serait le suivant. L’Iran selon toute probabilité se retirerait du TNP invoquant une circonstance extraordinaire, en l’occurrence le refus d’un des Etats nucléaires de souscrire à ses obligations découlant du TNP. De son côté, la population ferait front autour de son président-dictateur.
Cela constituerait l’arrêt de mort du TNP et la prolifération ne pourrait plus être arrêtée. L’Iran ne serait plus contrainte, dès lors, d'accepter les contrôles de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. On aboutirait à l’effet inverse de celui escompté. Et en plus, en passant, on aurait discrédité le droit international.
Comme à l'accoutumée, Ségolène Royal expliquera bienôt que ce n'est pas vraiment ce qu'elle voulait dire. Mais imagine-t-on le Président de la République expliquer à ses homologues que ce qu'il a dit n'était pas tout à fait ce qu'il avait voulu dire ?
Il est vrai que Ségolène Royal n’en est pas à son premier impair diplomatique. Après avoir rencontré le Président irakien, elle avait déclaré que le pays allait dans la bonne direction… avec cinquante morts par jour et une guerre civile sans fin. L'expérience internationale n'est pas forcément inutile.
DSK propose le Pacte de l'Elysée
Le Pacte de l’Elysée
Propositions qui complètent et précisent le projet socialiste
I. POUR PREPARER L’AVENIR
a) Trois propositions pour une France de l’innovation
- Recherche : première priorité, atteindre plus de 3% du PIB avant la fin du quinquennat, en investissant notamment dans les sciences de la vie.
- Université : retour à l’excellence, effort national de rattrapage budgétaire, autonomie, démocratisation
- PME : soutenir leur rôle majeur dans l’emploi et l’innovation, en leur offrant notamment un accès privilégié aux marchés publics.
b) Agir pour obtenir quatre changements dans la politique de l’Union
- La coordination des politiques économiques.
- L’harmonisation des bases de l’impôt sur les sociétés.
- La réforme de la politique de la concurrence pour permettre l’émergence de champions européens.
- Une évolution de la PAC favorisant une alimentation plus saine, particulièrement pour les fruits et légumes
II. POUR L’EGALITE REELLE
a) Trois instruments pour lutter contre les inégalités nées de la mondialisation
- Création d’un fonds de réindustrialisation.
- Prévoir qu’une entreprise bénéficiaire qui délocalise continue de payer pendant trois ans la taxe professionnelle.
- Transférer les avantages accordés aux entreprises en zones franches sur les salariés habitant dans ces territoires.
b) Deux mesures pour sortir les jeunes du chômage de masse
- Mettre en place un enseignement en alternance permettant de prolonger l’obligation de scolarité.
- Obliger les entreprises de plus de 200 salariés à recruter un certain pourcentage d’apprentis.
- Créer un nouveau dispositif d’accompagnement individualisé de chaque jeune vers l’emploi
c) Deux dispositifs pour combattre la précarité
- Moduler l’impôt sur les sociétés pour favoriser les contrats à durée indéterminée.
- Préparer une loi sur la faillite mettant les artisans à l’abri des poursuites sur leurs biens personnels.
d) Deux propositions pour « investir dans les bébés »
- Recentrer la politique familiale sur les familles qui en ont le plus besoin.
- Instaurer la gratuité des soins, notamment pour le million d’enfants pauvres
III. POUR RETROUVER LA CONFIANCE : LE PACTE DE L’ELYSEE
- Le premier chantier du Président de la République pour faire émerger, avant la fin 2007, un nouveau compromis social portant sur :
- le pouvoir d’achat : SMIC et revalorisation des carrières
- la sécurisation professionnelle : formation et réinsertion dans le travail
- le système de retraite : pérenniser le système par répartition, mieux prendre en compte la pénibilité, les petites retraites et les carrières discontinues
- la santé au travail : maladies professionnelles, accidents du travail et conditions de travail.
07 novembre 2006
Les grandes propositions de Dominique Strauss-Kahn
Pour rappel, voici les grandes propositions de DSK (cliquez sur les liens soulignés - format PDF).
Les 3 socialismes : pour un nouveau socialisme
Le socialisme de redistribution, le socialisme de production et le socialisme de l'émancipation, voilà les 3 piliers pour rebâtir le socialisme français à travers un réformisme radical.
Les 15 premières propositions de DSK (janvier 2006)
DSK défrichait dès janvier 2006 ce qui deviendra ensuite le projet socialiste et proposait un grand nombre de thèmes que s'approprieront (ce dont on ne peut que se réjouir) Laurent Fabius et Ségolène Royal : sécurité professionnelle, agence de réindustrialisation, service public de la petite enfance, pari du post-nucléaire, service civique obligatoire de 6 mois, etc...
DSK va au-delà et propose la création de villes nouvelles, comme cela fut fait au milieu des années 70 avec succès, mais cette fois avec des habitations aux normes environnementales et de confort modernes, pour aller beaucoup plus loin que la simple pétition de principes "faire appliquer la loi SRU". Il propose de lier la citoyenneté et la nationalité, d'interdire le cumul des mandats des parlementaires pour donner un nouveau souffle au Parlement. Concernant la sécurité, celle-ci doit être appréhendée comme un continuum de toute la journée et non comme des poches à certains endroits de la ville. Soucieux de la survie de la planète, il est le seul à proposer une police et une Cour de l'Environnement.
Les propositions de Dominique Strauss-Kahn par thèmes :
06 novembre 2006
Dominique Strauss-Kahn en meeting à Strasbourg

Samedi soir, à Strasbourg, Dominique Strauss-Kahn a tenu un grand meeting au Palais des Congrès devant 750 militants socialistes venus des deux départements alsaciens, du Doubs et de Moselle, sur le thème "La place de la France dans le monde". Des trois candidats, il est le seul à avoir fait (par deux fois d'ailleurs : Nancy et Strasbourg), le déplacement dans le Grand Est de la France. Les autres ne semblent pas vraiment vouloir mettre l'Alsace-Lorraine dans leur priorité.
A ses côtés, notamment Catherine Trautmann, députée européenne et ancien maire de Strasbourg (bientôt de nouveau nous l'espèrons), Pierre Moscovici, député européen, Jean-Marie Bockel, sénateur-maire de Mulhouse, Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et des élus locaux.
C’est Catherine Trautmann qui la première a pris la parole pour accueillir Dominique Strauss-Kahn : “Pour que notre pays puisse répondre à ceux qui en ont le plus besoin, tu donnes une ambition pour la France et pour l’Europe.” Puis Jean-Marie Bockel : “Tu es reconnu, respecté, en France bien sûr, mais aussi en Europe et sur la scène internationale. DSK, c’est un homme d’Etat !”
Les militants ont eu en face d'eux un DSK enthousiaste, clair et pédagogue : “Ceux qui ont cru que les choses étaient inscrites dans le marbre dès le départ constatent aujourd’hui qu’il n’en est rien et que les lignes bougent. Tous les militants sont aujourd’hui maîtres de l’avenir du parti !”
“Je suis convaincu que je porte au sein des socialistes une voie claire et déterminée. Quelle est ma priorité ? Elle est démocratique et sociale. Il faut redonner de l’espoir dans le politique et ramener les Français vers la politque, il faut apporter des réponses aux problèmes du chômage et du pouvoir d’achat.”
“Pour retrouver le plein emploi dans 10 ans nous devons baisser le taux de chômage de 0.5% par an ce qui est moins que ce que nous avons fait avec Lionel Jospin. Cet objectif est atteignable ! Avec la baisse du chômage, c’est toute la société qui change.”
“Les jeunes aujourd’hui ont de plus en plus de mal à sauter le fossé qui les sépare de la vie professionnelle. Nous avons le devoir de leur donner un coup de pouce.”
“Il nous faut retrouver la voie de la vérité : je ne veux plus que les Français m’arrêtent dans la rue pour me dire : “Vous les socialistes vous faites des promesses que vous ne tenez pas.”
DSK a ensuite échangé avec la salle pendant 2 heures : l'Europe, sa relance, le multilatéralisme et les problèmes internationaux ont bien sûr été au coeur de débats, mais aussi l'université et l'éducation, les médias, le pouvoir d'achat, etc...
DSK a appelé les militantes et les militants à bousculer le parti en votant au premier tour pour le réformisme et la sociale-démocratie qu'il incarne.
Retrouvez d'autres photos et le compte-rendu complet sur le site du comité de soutien à Dominique Strauss-Kahn dans le Bas-Rhin.
05 novembre 2006
Jack Lang: je refuse de "suivre le dernier chien qui passe"
C'était un secret de polichinelle. Le JDD avait déjà vendu la mèche il y a 15 jours après les fuites (orchestrées) de l'entourage de Ségolène Royal (lire l'article sur "la Moselle avec DSK"). Mais il fallait que cela soit annoncé médiatiquement, c'est-à-dire au 20h de Claire Chazal sur TF1 ce dimanche.
Jack Lang a donc confirmé son soutien à Ségolène Royal, un mois jour pour jour après avoir été évincé de la course à l'investiture par François Hollande, qui, selon lui, lui aurait empêché d'avoir les parrainages nécessaires. Et quelques semaines à peine après avoir déclaré qu' "il n'était pas un toutou auxquel, sur un coup de sifflet, on pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil" (après les propos de F. Rebsamen lui demandant de se retirer de l'investiture) et qu' "il refus(ait) de suivre le dernier chien qui passe".
Peu importe. Depuis les choses ont changé. Il estime en effet que Ségolène Royal est la seule à pouvoir arriver en tête au premier tour de la campagne interne, ce qui n'est pas franchement une surprise. Il souhaite voir une femme accéder à l'Elysée... ce qui est louable, mais ne constitue pas en soi une perspective politique. Sans grande conviction, il a démenti avoir négocié son soutien contre un poste ministériel, mais selon l'entourage de Ségolène Royal, le ministère des Affaires étrangères lui est promis. Cela sera la 12ème fois qu'il sera ministre, un chiffre rond. Il rejoint ainsi les jeunes "pousses" de l'équipe Ségolène chargées d'insuffler ce renouveau qu'attendent nos concitoyens : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... septuagénéaires et octogénaires dont il sera le benjamin. Comme le dit Pierre Mauroy avec philosophie et tristesse : "dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent". On ne saurait être plus explicite et réaliste. Ce faisant, Jack Lang tire définitivement un trait sur sa fédération du Pas-de-Calais qui votera DSK.
DSK : primaire socialiste et métaphores marines
Cela fait déjà 3 semaines que la course a commencé. Chaque bateau suit sa propre voie, mais vise le même but : la victoire. Donné grand favori, l'imposant galion "Désirs d'avenir" mène la course mais le vent des sondages qui lui était favorable s'est détourné. Il semble immobile. Trop lourd, la quille commence à racler les bas-fonds. A bord, l'équipage pléthorique s'énerve. C'est le branle-bas de combat ! "On perd notre avance ! Où est Mme Royal ?", crie Julien Dray. "Elle est en visioconférence avec les journalistes qui ne comprennent pas ses choix stratégiques. Faites un forum pour décider de la marche à suivre", répond Arnaud Montebourg. "OK ! Tout le monde sur le pont !!!" aboie François Rebsamen.
Derrière, loin derrière, le rafiot "A babord toute" se traîne péniblement. Fabius, le vieux loup de mer, enrage : son équipage est vaillant mais le bateau est trop lourd, trop vieux, il craque de partout. "Mon fidèle Bartolone, dîtes aux hommes de sortir les rames et souquez ferme ! Tout n'est pas perdu !". Il scrute l'horizon. Le regard las, il peste : "Quelle idée d'avoir pris cette coque des années 80 !". Ouvrant les sabords, il tire quelques bordées sur ses deux compétiteurs, sans trop y croire.
Pendant ce temps, la frégate "Social-démocratie" file à fière et régulière allure. Elle commence même à profiter du vent des sondages. La voie choisie semble la bonne. Ils traversent un gros grain depuis quelques jours mais à bord, le moral est au beau fixe. Chacun fait ce qu'il a à faire avec compétence et une seule idée en tête : la victoire. Le capitaine DSK tient fermement la barre et maintient le cap avec intelligence et détermination. Il sait que la mer sera encore très agitée entre le 16 et le 23 novembre. Qu'importe ! La ligne d'arrivée approche. Il sait qu'il peut gagner. Il sait que la victoire de sa frégate sera celle de tout un pays.
04 novembre 2006
En campagne, DSK se régale !
Dominique Strauss-Kahn était hier à Lille. Devant 700 militants, il s'est défini comme le candidat du mouvement et de la vérité. Compte-rendu du journal Nord-Eclair :
"C’est un Dominique Strauss-Kahn précis et détendu qui a fait étape à Lille hier soir. Public conquis, campagne rodée. Efficace.
Il a l’oeil DSK, il a bien repéré au premier rang le premier adjoint de Martine Aubry, Pierre de Saintignon, et cet autre fidèle qu’est Yves Durand, le maire de Lomme. Pas anodin ? Sûr que « c’est un signe très prometteur »... Martine Aubry n’est pas là mais elle lui a envoyé « un message très cordial », alors…
On n’a pas refait l’histoire, juste rappelé que ceux qui étaient persuadés que DSK lâcherait avant la candidature, « ceux-là en sont pour leurs frais ». Candidat donc et encore plus maintenant, depuis qu’il sent un « frémissement » devenu un « mouvement ». DSK semble dopé par la campagne interne au PS, ce débat qui « a déjà un gagnant : le Parti socialiste.
Un petit discours de la méthode aussi. DSK érige la vérité en valeur cardinale. « Depuis 81, nous avons été élus trois fois et, au bout de cinq ans, nous avons été trois fois battus (...) Nous devons quand même nous poser quelques questions sur la relation que nous avons, nous socialistes, avec la vérité ».
DSK insiste. « Dire : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, ça c’est du Pasqua. Ce n’est pas la gauche ! ». Applaudissements. Dominique Strauss-Kahn veut se démarquer des marchands de rêves.
« Le projet de la gauche doit être un mouvement, un progrès, nous devons dire où on va ». Il enchaîne, c’est idéal comme transition pour résumer son projet, sur sa différence. Le plein-emploi dans moins de dix ans, c’est possible. La réforme des retraites, c’est promis. Un président qui ne soit pas « la vigie en haut du mat mais le capitaine qui mène le navire », c’est indispensable. L’économique comme objectif, la démocratie comme moyen, c’est son credo. Au jeu des questions-réponses avec la salle, pas de pièges. DSK griffonne quelques notes, rebondit comme un chat qui se lèche les babines. Une certitude, au moins, DSK ne boude pas son plaisir. En campagne, il se régale celui-là... "
De son côté, Ségolène Royal était dans le Gard. Devant une assistance maigrichonne de moins de 200 personnes, elle s'est présentée comme la "candidate qui rassemble" (apparemment pas tant que ça). Elle a critiqué ses deux challengers et s'est plainte une nouvelle fois de la primaire et des débats, qu'elle juge "inutiles et trop long" et "contre-nature" (sic). Elle a indiqué qu'elle "sentait le parfum de 1981", oubliant sans doute le tournant de la rigueur et le virage de 1983, prélude aux défaites de 1983 et 1986 ; des virages qui ont saigné la Lorraine et que l'on ne peut pas oublier. Faisons plutôt en sorte que 2007 ait le parfum de la gauche durable.
03 novembre 2006
Débat au Zénith : le verdict des militants
A l'issue du débat qui s'est déroulé à Paris au Zénith jeudi dernier, LCI a demandé leurs impressions à onze militants au hasard dans la salle. Onze impressions qui donnent le ton et montrent dans quel sens évolue en ce moment les militants. Par ailleurs, n'hésitez pas à visionner les trois vidéos (une pour chaque candidat) du débat pour vous rendre compte par vous-mêmes ici : http://www.dailymotion.com/Razzye
Michel, 48 ans, économiste |
C'est Strauss-Kahn qui a fait le meilleur débat. Il donne l'impression d'avoir un projet d'ensemble. Je suis un peu choqué par Ségolène Royal qui fait énormément dans le populisme, et pas seulement ce soir. Les jurys populaires me semblent être une aberration. Fabius lui a été assez rétrograde car le projet PS est difficile à tenir et donc s'y référer tellement n'est pas très sérieux. |
Kenza, 25 ans, étudiante |
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Joël, 38 ans, universitaire |
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Marigrine, 59 ans, avocate |
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Steven, 19 ans, étudiant |
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Catherine, 30 ans, fonctionnaire |
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Edouardo, 30 ans, cadre |
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Jérôme, 30 ans, directeur de production |
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Lucette, 46 ans, ingénieur |
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Bertrand, 50 ans, fonctionnaire |
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Thomas, 26 ans, assistant parlementaire |
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La popularité de Dominique Strauss-Kahn bondit !
Le dernier sondage TNS-Sofres/Figaro Magazine va donner des ailes aux partisans de Dominique Strauss-Kahn, engagé dans la bataille des primaires au PS pour l'investiture socialiste. Il gagne en effet 11 points de popularité, à 40%, progressant dans toutes les catégories. Ségolène Royal reprend pour sa part trois des sept points perdus le mois dernier, et reste en tête avec 55% des Français souhaitant "lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir". Nicolas Sarkozy se stabilise à 50%, comme en octobre. Laurent Fabius reprend les 6 points perdus en octobre, à 22%. - LCI 02/11/2006
02 novembre 2006
DSK : je veux un président engagé qui assume
Chère Camarade, Cher Camarade,
Dans les précédents numéros de l’Hebdo, je t’ai indiqué quelle était ma ligne - « sociale et démocrate » -, ma méthode - le « Pacte de l’Elysée » et mon engagement envers la jeunesse - « un patrimoine public pour ceux qui n’ont pas de patrimoine privé ».
Aujourd’hui, je veux revenir sur ma vision de la démocratie et sur ma conception de la fonction présidentielle : un « Président engagé ».
Si je devais résumer les maux dont souffre notre démocratie, je dirais que les Français ont le sentiment que le pouvoir est à la fois confisqué et impuissant. Confisqué, car il est concentré, et même hyper-concentré entre quelques mains. Impuissant, car il a montré son inefficacité et, pire encore, donné le sentiment de n’avoir plus prise sur rien.
Pour apporter des réponses à ces deux maux, je m’appuie sur quelques principes simples. Nous avons le devoir de renforcer les contre-pouvoirs. Nous avons le devoir de réhabiliter la responsabilité politique.
Je vais être rapide sur les contre-pouvoirs. Je suis favorable à une démocratie parlementaire, donc à la revalorisation de l’Assemblée nationale, donc à l’interdiction du cumul des mandats, donc à des réformes constitutionnelles qui sont parfaitement détaillées dans le projet socialiste. Je suis favorable à une démocratie locale revivifiée, donc à une nouvelle étape de la décentralisation, donc à des transferts de compétences, donc, j’y insiste, à des transferts et à une péréquation des ressources. Je suis favorable à une démocratie participative plus active, donc à tous les instruments qui permettent de renforcer - et non d’affaiblir, de surveiller, de soupçonner - la démocratie représentative.
Je veux, en revanche, être plus précis sur la responsabilité politique car je porte, sur cette question, une vision différente de celle de Ségolène Royal et de Laurent Fabius.
Pour moi, trois données politiques majeures caractérisent la situation actuelle. Le Président de la République est élu au suffrage universel direct désormais pour un quinquennat. Jacques Chirac a incarné jusqu’à la caricature une présidence du verbe. Le candidat de la droite, vraisemblablement Nicolas Sarkozy, tentera de faire de « l’action » et de la « volonté » ses arguments de campagne - faute de pouvoir défendre un bilan désastreux et de pouvoir assumer un projet qui tourne le dos à deux cents ans de notre histoire.
Conclusion ? Nous avons besoin d’une nouvelle conception de la Présidence de la République qui marque une rupture par rapport au passé et qui tienne le choc par rapport à nos adversaires. Je l’ai appelée la « présidence engagée ».
Dès lors, cette présidence engagée constitue à la fois une nécessité politique et une avancée démocratique.
Pourquoi ?
Parce que le Président est engagé sur un mandat. Il est arrivé, notamment en 2002, que le futur Président n’ait présenté pendant la campagne aucun programme autre que de bonnes intentions. Il est arrivé, plus souvent encore, que le Président élu se détourne de sa propre majorité en invoquant la nécessaire unité des Français. Bien sûr, le Président de la République se doit de représenter tous les Français. Mais il doit être comptable d’une politique, présentée devant les Français et approuvée par une majorité d’entre eux : c’est cela un Président engagé !
Il y a davantage. Le Président doit être engagé dans l’action. Je ne veux plus d’un Président-monarque qui se contente de commenter l’action de son Gouvernement ou qui se limite à des incantations. Regardez ce qui s’est encore passé il y a deux semaines. Jacques Chirac a prononcé un discours sur la démocratie sociale. Il a dit le contraire de ce qu’il a fait dans le passé - notamment avec le CPE. Et, une nouvelle fois, il ne fera pas ce qu’il a dit. Je veux un Président qui agisse et qui assume sa responsabilité.
Sur les questions européennes et internationales, au Conseil européen, au G8, dans les grandes négociations, il doit avoir une position claire pour convaincre ses partenaires. Ce n’est pas seulement le rang de la France qui est en jeu, c’est aussi la vie quotidienne des Français tant il est vrai que les questions européennes ou internationales ne sont plus des questions de politique étrangère.
Sur les questions de politique intérieure, il doit également s’impliquer. Si, pendant la campagne, je dis que ma première priorité est économique et sociale ; une fois élu, mon premier chantier sera économique et social. Ce sera le « Pacte de l’Elysée ».
Je me résume : je ne veux pas d’un Président qui fasse tout - pas d’inquiétude pour le Premier ministre, il y aura bien suffisamment à faire pour deux ... Mais je veux un Président qui assume tout : c’est cela, un président engagé !
Dominique Strauss-Kahn.
C'est Strauss-Kahn qui a fait le meilleur débat. Il donne l'impression d'avoir un projet d'ensemble. Je suis un peu choqué par Ségolène Royal qui fait énormément dans le populisme, et pas seulement ce soir. Les jurys populaires me semblent être une aberration. Fabius lui a été assez rétrograde car le projet PS est difficile à tenir et donc s'y référer tellement n'est pas très sérieux.
Laurent Fabius était le plus convaincu ce soir donc le plus convaincant. La salle a semblé conquise. Ségolène, je ne l'ai pas trouvée très bonne car elle avait des difficultés pour synthétiser sa pensée. C'est une mauvaise oratrice, et cela montre qu'elle n'a pas forcément une vision politique. Ça se révèle quand elle parle en public. C'est un problème. Pour le vote, j'hésite encore entre Fabius et DSK.
Avec tout le respect que j'ai pour elle, je pense que Ségolène Royal est dans le registre de la séduction. Je suis venu ce soir pour me rendre compte de la réalité, au-delà des critiques sexistes contre elle. Mais cela confirme ce qui se dit, elle manque de profondeur. Je n'ai pas adhéré pour être dans le superficiel. Laurent Fabius m'a semblé le plus convaincant car il est le candidat le plus abouti pour la fonction présidentielle.
Fabius a été très bon orateur mais il a peut-être fait trop de promesses démagogiques ce soir. DSK a été très intéressant avec son côté parler-vrai. Ne promettre que ce que l'on peut tenir. J'ai apprécié ses références aux idéaux du socialisme : les conquêtes de 1936, mai 68... En revanche, j'ai été très déçue par Ségolène qui a été creuse et moins bonne que d'habitude. C'est vrai que c'était difficile pour elle car le public ne l'a pas épargnée et c'est inadmissible. Mais elle s'est laissée entraîner par la forme et a délaissé le fond. Je fais partie d'un de ses comités de soutien parisiens mais je commence à changer d'avis.
DSK m'a semblé le meilleur. Il a le mieux argumenté et a été le plus pragmatique. Je ne sais pas encore si je vais voter pour lui ou pour Ségolène Royal. Je me déciderai au dernier moment. Elle a été pas mal huée mais je l'ai trouvée pas mal, notamment sur la démocratie directe. Elle parle de ce dont le peuple a envie, contrairement à ceux qui ont été ministres. Mais dans un grand meeting, sa voix passe mal. La voix grave de DSK passe mieux. Je me déciderai au dernier moment.
Le débat a confirmé mes convictions : je trouve que Dominique Strauss-Kahn est le meilleur sur le fond. Il a su rebondir et bien joué le jeu du débat. Quant à Ségolène, c'était la première fois que je la voyais et j'ai été assez déçue. Même si sur le fond, elle est fragile. Je pensais qu'elle avait une réelle présence. Or elle a été réellement mise en difficultés par les sifflets, inacceptables d'ailleurs. Mais je pense que son discours est trop démagogique.
Ségolène m'a convaincu car elle a les trois clés du succès : le projet socialiste, la participation comme méthode et l'union de toutes les forces de gauche. Je trouve que les huées, c'est dommage. Je l'ai trouvée aussi bonne que mardi dernier à la télévision. Ça s'explique peut-être par l'organisation de la salle, je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, ces sifflets ne sont pas du tout une bonne chose car nous sommes tous des socialistes et on ira tous derrière le ou la candidate qui sortira des urnes.
Strauss-Kahn a été le meilleur dans ce débat car il maîtrise ses sujets. Il ne fait pas des promesses intenables et tient un discours de vérité. Il est dans le prolongement de la deuxième gauche de Michel Rocard. Il confirme sa stature de président de la République. Moi, je me refuse à critiquer Ségolène Royal car si elle gagne, nous serons tous derrière elle. Mais ce soir, elle n'a pas été très bonne et plus je la regarde, et moins je la trouve bonne. Elle manque d'expérience et développe des thèmes populistes qui ne doivent pas être ceux d'une personne qui vise la magistrature suprême.
Fabius m'a plu car il a une stature d'homme d'Etat et un discours de gauche. Il défend le projet socialiste. Ségolène Royal n'a rien dit, que des banalités et c'était triste à mourir, même pour elle. C'était pathétique. En plus, les sifflets n'ont pas été organisés. Elle n'a pas été sifflée à son arrivée sur scène mais ce sont ses propos qui ont provoqué progressivement de la déception.
Il y a eu deux registres convaincants, chacun dans son style : celui de DSK, sur le plan de la pédagogie. Et Fabius, sur la vérité de la gauche. J'ai trouvé Strauss-Kahn courageux car il a prononcé un discours lyrique et ce n'est pas dans son habitude. Il a cogné sur Ségolène. Personnellement, Royal m'a fait peur. Pour la première fois, elle parlait sans notes et elle s'est révélée très faible dans sa façon de s'exprimer. Une Arlette Laguiller du catéchisme. Et puis à force de faire des clins d'œil à la droite, elle a fait peur à la salle sur les valeurs de gauche.
Difficile de dire qui l'a emporté. DSK a été le meilleur sur le réalisme et la capacité de faire gagner la gauche dans la durée. Fabius a été convaincant en proposant des mesures concrètes pour les milieux populaires. Enfin, Ségolène Royal a été décevante car elle a été trop générale. Elle s'est trop étendue sur la démocratie participative sans aborder d'autres sujets. Elle n'a pas été très percutante. Pour le vote, j'hésite encore entre Strauss-Kahn et Fabius. Je me déciderai dans les derniers jours.