17 novembre 2006
En route pour la victoire en 2007
Déclaration de Dominique Strauss-Kahn
17 novembre 2006
Ségolène Royal a été désignée. Elle est désormais la candidate de tous les socialistes. Je la félicite de son beau résultat et je lui souhaite bonne chance. Le PS est d’ores et déjà rassemblé.
Je salue Laurent Fabius et je lui suis reconnaissant du geste d’amitié qu’il a eu à mon égard.
Je remercie tous les militants qui ont participé à ce débat - dont le parti socialiste sort grandi - et plus particulièrement les 37 000 militants qui m’ont apporté leurs voix. Leur engagement est à la fois une reconnaissance et un encouragement à continuer de faire valoir une orientation social-démocrate qui n’avait jamais été portée avec cette force et cette netteté dans le parti socialiste.
Je suis persuadé que ces idées - la priorité sociale, la confiance, l’engagement européen, l’internationalisme - ont une audience bien plus grande encore et sont indispensables au succès de la gauche à l’élection présidentielle.
Le combat que j’ai mené, et que je poursuivrai avec beaucoup d’autres, participe du renouvellement du parti socialiste que les militants appellent de leurs voeux.
L’heure est maintenant à la mobilisation pour battre la droite.
La mienne est totale.
Plus que jamais, je suis au service du Parti socialiste, de la gauche et de la France.
Dominique Strauss-Kahn
15 novembre 2006
Appel à voter en faveur de DSK le 16 novembre
Chère camarade, cher camarade,
Dans quelques jours à peine, tu vas être appelé(e) à désigner le candidat qui sera le plus à même de battre Nicolas Sarkozy en mai prochain. Tel est l'unique enjeu, mais ô combien crucial car l'avenir de notre pays et de l'Europe va en dépendre au moins pour cinq ans.
Au cours de cette campagne interne, Dominique Strauss-Kahn a éclairé le débat. Les militants ont pu se rendre compte que, pour battre Sarkozy, il ne suffit pas de bonnes paroles, il faut avoir des propositions, un chemin pour le pays et un chemin praticable. Au terme de cette campagne, il est devenu évident que Ségolène Royal n'était pas la mieux placée pour remporter la bataille autrement moins feutrée qui se profile face à Sarkozy.
Pour nous, le meilleur candidat doit être celui qui fera le meilleur président. C'est Dominique Strauss-Kahn.
Il est le seul candidat non seulement à respecter le projet socialiste mais aussi à le compléter et à le préciser par un Pacte de l'Elysée (18 engagements forts). DSK ne se contente pas d'incarner le projet socialiste, il le met en dynamique et en cohérence.
Il est le seul candidat à avoir tracé un plan de route qui indique ses priorités :
- C'est le Pacte de l'Elysée sur les questions sociales (pouvoir d'achat, petites retraites, égalité réelle, éducation, revalorisation des carrières, santé...) dès l'arrivée du nouveau gouvernement de gauche
- C'est la question européenne qu'il faut traiter avec les Allemands pendant l'année 2008 lorsque la France exercera la présidence de l'Union
- C'est la Conférence environnementale en 2009
Il est le seul candidat à pouvoir rassembler les socialistes et au-delà la gauche : nos camarades qui soutiennent Ségolène Royal sont pour le moins dubitatifs vis à vis de la candidature de Laurent Fabius, compte tenu de ses virevoltes, du peu de renouveau qu'il incarne et de sa posture néogauchisante, mais reconnaissent la compétence de DSK, "l'homme des solutions" ; à l'inverse, nos camarades fabiusiens ne veulent absolument pas de la candidature de Ségolène Royal qu'il juge frivole et sans envergure, mais reconnaissent en DSK un homme d'Etat. DSK est le point d'ancrage dans le Parti. Qui peut le nier ? DSK synthétise la tradition socialiste des conquêtes sociales et l'imagination de nouvelles armes face au libéralisme.
Il est le seul candidat à se donner une priorité et une méthode : le social et la démocratie. La social-démocratie renouvelée : de quoi s'agit-il ? C'est remplacer les slogans par des solutions, les promesses sans suite par la clarté et la vérité, l'impuissance de la démagogie par le réformisme du premier jour jusqu'au dernier jour. C'est porter une véritable exigence de justice et de transformation, c'est renforcer l'Etat et le dialogue social pour contrer la mondialisation libérale en se dotant de nouveaux instruments.
Il est le seul candidat à vouloir en finir avec le président monarque, qui arbitre mais n'est responsable de rien, qui change de Premier ministre quand bon lui semble sans changer lui-même. Il faut un président engagé qui rende des comptes et qui puisse s'appuyer sur un Parlement rénové qui travaille et contrôle réellement.
Il est le seul candidat à avoir une vision d'ensemble de l'écologie qui ne doit pas être un gadget doté d'un vice-premier-ministère ni même une simple politique parmi d'autres : c'est toute l'économie qui doit changer, à commencer par l'usage de l'énergie.
Gagner face à Sarkozy sera très dur. Avoir le meilleur candidat face à lui, c'est mettre toutes les chances de notre côté. Chers amis, votez jeudi 16 novembre en votre âme et conscience, en tenant compte de ce que vous savez vous-mêmes des candidats et de ce qu'ils ont montré au cours de cette campagne, en vous projetant dans le futur avec en tête la seule chose qui compte : gagner en mai prochain.

Strauss-Kahn défend le devoir de vérité
Dominique Strauss-Kahn était l’invité de Jean-Pierre Elkabbach ce mercredi matin sur Europe 1.
A lire absolument pour comprendre ce qui se passe dans la campagne interne.
DSK a donné son sentiment sur la fusion GDF-Suez autorisée par Bruxelles : « c’est un très mauvais projet », « il faut revenir dessus et faire revenir le gaz dans le service public », « il y a un risque d’OPA sur le nouvel ensemble de la part de grands gaziers comme Gazprom », « le gouvernement a affaibli la politique énergétique française ». Il a souligné le fort ralentissement de la croissance française au 3ème trimestre alors que le gouvernement se targuait de sa réussite qui n’est qu’illusion. Ce n’est pas un simple « trou d’air », la politique économique du gouvernement n’est pas bonne, elle ne soutient pas la croissance.
VERBATIM. Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach, Dominique Strauss-Kahn s’est indigné des derniers dérapages de la campagne interne :
DSK : « On a dit que, lorsque Ségolène Royal avait été sifflée au Zénith, j’avais organisé ces sifflets. C’est ridicule. Il y avait 6000 personnes. C’est un mensonge. On a dit que quelqu’un qui me serait proche aurait utilisé cette vidéo sur les enseignants. C’est un mensonge. C’est une vidéo officiellement filmée par la fédération du Maine-et-Loire. Ensuite qu’elle soit sortie malicieusement la dernière minute, c’est évident, que ce ne soit pas un soutien à Ségolène Royal, cela va sans dire, que ce soit quelqu’un qui me soutienne, je n’en sais rien. Ce qui n’est pas honnête, c’est faire croire que j’ai organisé cela. Ensuite, on m’a attribué ces propos machistes, ils sont détestables. C’est un mensonge. Je n’ai jamais dit de choses pareilles. C’est d’ailleurs tellement ridicule que le fait que l’on puisse aujourd’hui utiliser des arguments de ce type dans la campagne est assez indigne.
Le féminisme est une belle cause, mais on ne la grandit pas en utilisant des arguments de ce genre. Si je voulais faire de la paraphrase, je dirais qu’il faut « faire du féminisme par la preuve ». Dans l’équipe de Ségolène, je ne vois pas beaucoup de femmes. Autour de moi, dans mon équipe, j’en vois beaucoup : Catherine Tasca, Catherine Trautmann, Michelle Sabban, Marylise Lebranchu, etc… Je vois que la réalité des uns et des autres n’est pas celle qui est tentée d’être décrite.
On a mal informé madame Royal. Je veux dire clairement les choses, je les dis avec calme mais je les dis avec fermeté : ça suffit de vouloir mener campagne dans ces conditions-là. Si certains en fin de campagne sont un peu fatigués, qu’ils se reposent. Moi je ne suis pas fatigué, prêt à continuer, mais je ne veux pas laisser les choses dans une sorte de silence qui acquiescerait. Je n’ai pas prononcé ces paroles.
Voyez-vous, moi j’ai passé cette campagne à essayer d’avancer et de proposer. Je vois que Ségolène Royal a passé cette campagne à corriger ses déclarations, à les modifier. Il y a eu 5 semaines de campagne, il y a eu 5 corrections majeures : d’abord sur la carte scolaire, elle voulait la supprimer, après il ne le fallait plus, sur l’encadrement militaire des primo-délinquants, qui est devenu un encadrement « humanitaire », sur la surveillance par des jurys populaires, qui devaient sanctionner les élus, puis après ne les sanctionnaient plus, sur l’interdiction du nucléaire civil iranien, sur le temps de travail des enseignants. 5 semaines, 5 rectifications ! Or il y a 25 semaines qui nous séparent du second tour de l’élection présidentielle ! ».
JP Elkabbach : « Je vous écoute avec attention, apparemment vous avoir traité de misogyne et de machiste, ça vous a fait mal pour qu’il y ait ce réquisitoire de vérité juste aux dernières heures ? ».
DSK : « Oui, ça m’a fait mal parce que c’est juste aux dernières heures que l’on a sorti un argument de ce genre que je trouve inadmissible, inadmissible. Dans ces conditions, je m’élève avec la plus grande force contre le fait qu’on ait pu me prêter des propos de cette nature ».
JPE : « S’il y a un deuxième tour, qu’est-ce que vous faites ? »
DSK : « S’il y a un deuxième tour, j’espère que le débat reviendra sur le terrain politique, de l’échange des idées politiques. Dans cette campagne, voyez-vous, j’ai essayé de développer mes priorités, ma vision, mon chemin pour l’avenir : ma priorité sociale, l’objectif du plein-emploi, une méthode sociale-démocrate, un président engagé, et puis des propositions : le Pacte de l’Elysées pour discuter des questions sociales, un patrimoine pour les jeunes,… ce que je veux dire c’est qu’une campagne cela doit servir à développer des idées. Et cela m’a surtout convaincue d’une chose : c’est que pour battre Nicolas Sarkozy, il fallait y aller en proposant un autre chemin pour la France que celui que lui propose. Si on ne propose pas de chemin, si on se replie sur l’ordre, sur hier, sur le passé, si on n’a pas de dynamique, de mouvement, on ne gagnera pas contre Nicolas Sarkozy ».
JPE : « Et s’il n’y a qu’un tour, que ferez-vous ? »
DSK : « Je le regretterais, mais après parce que je suis discipliné, les socialistes soutiendront tous le candidat socialiste. Je crains pourtant que l’absence de vision de l’avenir, de chemin dans la mondialisation, de projet économique et social rendent difficile la victoire contre Sarkozy ».
JPE : « Il parait selon Europe 1 que Sylviane Agasinski-Jospin s’est prononcée en votre faveur ? »
DSK : « Oui, c’est vrai puisque Europe 1 l’a dit (rire). J’en eu des échos. Je m’en réjouis. Sylviane Agasinski est une femme libre, donc elle se détermine de manière individuelle. Pour autant je suis heureux qu’avant le scrutin Sylviane est jugé bon de faire paraître sa position.»
JPE : « Pensez-vous que c'est un signe de la part de Lionel Jospin ? »
DSK : « Si je réponds oui, on va me taxer de machisme, comme si la philosophe Agasinski ne pouvait prendre une position seule. Je pense néanmoins que dans le couple entre Lionel et Sylviane, il y a de la proximité. » (...)
13 novembre 2006
Mathieu Klein explique pourquoi il votera DSK
Le choix de la raison
Je n’ai pas été très bavard ici sur la campagne d’investiture du PS.
J’ai souhaité la candidature de Martine Aubry, puis ai attentivement écouté Lionel Jospin. Sans pour autant avoir voté comme eux au sein du PS depuis quatre ans, que ce soit lors des congrès ou du référendum sur le TCE.
Je n’ai voulu rejoindre aucun comité de soutien et ne le ferai pas plus aujourd’hui. Cela dit, comme tous les militants socialistes, je voterai le 16 et peut-être le 23 novembre et il n’a jamais été dans ma nature de voter blanc.
Face à Nicolas Sarkozy qui tentera de refaire, comme en 2002, de l’insécurité le clivage majeur, le premier impératif est le retour de la question sociale au centre du débat présidentiel : précarité, emploi, délocalisations, pouvoir d’achat, partage des richesses, lutte contre les inégalités et les discriminations, devenir de la planète, sécurité des biens et des personnes, financement des services publics, ...
Le deuxième impératif est la relance et la réorientation de l’Union européenne qui tienne compte tant du vote des Français en mai 2005 (une Europe sociale concrète et protectrice pour ses habitants) que de la nécessité de redonner du souffle et une perspective politique et démocratique à l’UE. Je n’ai pas changé d’avis depuis la législative partielle de 2005 : la Turquie, quand les conditions seront remplies, a sa place dans l’Europe.
Enfin et surtout, je souhaite que les socialistes incarnent une certaine idée de la politique en 2007, à l’image de ce que Lionel Jospin avait entrepris en 1995 et 1997. Une campagne qui se tienne à l’écart de l’incantation et de la flatterie. Qui refuse de jouer sur les sentiments de peur et de repli des Français mais qui fasse appel à leur coeur, comme le disait Martine Aubry à Nancy en septembre. C’est un vote qui doit se déterminer à équidistance entre "quel (le) est le (la) meilleur(e) candidat(e) et "quel (le) sera le (la) meilleur(e) président(e)". Ce qui implique une vision claire et précise du mandat que l’on sollicite.
C’est le choix de la raison qui me conduit donc à voter pour Dominique Strauss-Kahn le 16 et je l’espère le 23 novembre prochain. Je peux avoir des nuances avec ses idées parfois, mais je pense que c’est le candidat le plus crédible pour affronter l’UMP et diriger la France dans la durée.
Sarkozy: « Ségolène Royal me protège depuis plusieurs mois »
ALGER (AFP 13/11/2006) - Nicolas Sarkozy, quasi candidat à l'élection présidentielle de 2007 a affirmé lundi à Alger, où il est en visite officielle en tant que ministre de l'Intérieur, que Ségolène Royal le « protège depuis plusieurs mois ».
« Elle me protège depuis plusieurs mois, car le phénomène « tout sauf Ségolène » empêche le phénomène « tout sauf Sarkozy », a affirmé le président de l'UMP devant quelques journalistes français à la résidence de l'ambassadeur de France à Alger.
Pour M. Sarkozy, si le candidat du Parti socialiste était Laurent Fabius, « on aurait une campagne violente, parce que c'est un homme violent, le risque pour moi est beaucoup plus grand qu'avec une campagne apaisée ».
A cet égard, « Si c'est Ségolène Royal, c'est tout bénéfice », a-t-il jugé.
Selon lui, Ségolène Royal « nous impose malgré tout un processus de modernisation », mais elle est « en total décalage avec son électorat et elle aura beaucoup de mal à assurer un rassemblement des voix à gauche ».
Enfin, a ajouté M. Sarkozy, « je pense qu'elle montrera sa vraie nature, qui est quelqu'un d'irascible, dur et, quand ça ne va pas, qui se crispe ».
Les trois candidats à l'investiture PS pour 2007, Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, seront départagés par les adhérents de leur parti, lors d'un vote les 16 et 23 novembre (si un deuxième tour est nécessaire). AFP
Nicolas Sarkozy se garde bien de parler de celui qu’il craint le plus : Dominique Strauss-Kahn. Posé, équilibré, débatteur hors pair, stature présidentielle, DSK fait peur à Sarko. Celui-ci le sait. Il avait déjà vendu la mèche en privé en mai dernier (seul l’Expansion avait rapporté son propos) en confiant à ses proches collaborateurs (Hortefeux et consors) lors d'un repas que le seul candidat "dangereux" c'était DSK. La ligne gauchisante, vieillote et insincère de Fabius serait du pain bénit pour Sarko. Quant à Ségolène, il se frotte les mains d’avoir en face de lui quelqu’un qui jouera les victimes, divisera la gauche et est en décalage sensible avec le projet socialiste.
DOMINIQUE STRAUSS-KAHN SERA L'INVITÉ DU 19/20 SUR FRANCE 3 CE SOIR LUNDI 13 NOVEMBRE.
11 novembre 2006
Ségolène Royal échappera difficilement à un second tour
Dominique Strauss-Kahn est désormais aussi bien placé que Ségolène Royal dans l'optique d'une victoire en mai 2007 :
Sondages d’hier - Dernier sondage IFOP-Paris Match : Pour chacune des personnalités suivantes, dites-moi si vous en avez une excellente opinion, une bonne opinion, une mauvaise opinion, une très mauvaise opinion ou si vous ne le connaissez pas suffisamment ? (% total bonne opinion, par rapport à octobre 2006) :
Strauss-Kahn : 62% (+ 2) Royal : 64% (- 5) Fabius : 38% (=)
Parmi les éventuels candidats socialistes à l’élection présidentielle, quel serait selon vous le meilleur président de la République ? (% ensemble, par rapport à octobre 2006) :
Strauss-Kahn : 39% (+ 5) Royal : 44% (- 3) Fabius : 11% (=)
Sondage Opinion Way – LCI – Figaro : Parmi les trois candidats suivants, lequel souhaiteriez-vous voir désigné candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2007 ? (% avant le 1er débat tv / après le 3e débat tv) :
Strauss-Kahn: 36% (+ 9) Royal : 58% (- 8) Fabius : 6% (- 1)
L'agence de communication politique Exprimeo.fr publie aujourd'hui l'analyse suivante :
11/11/2006 Analyse - La vidéo pirate sur les enseignants y contribuera probablement de façon marginale mais, selon les experts du PS, il paraît désormais probable que Ségolène Royal sera contrainte d'affronter un second tour interne au PS.
Les deux derniers mois ont été marqués par trois facteurs majeurs au sein du PS :
* Laurent Fabius a confirmé sa cote d'estime qu'il ne parvient pas à transformer en cote d'affection,
* Dominique Strauss Kahn a conforté son impression de solidité. Avec lui, la "maison serait bien gardée" même si la fantaisie ne serait pas souvent à l'ordre du jour,
* Ségolène Royal est toujours aussi séduisante mais un doute s'est créé sur la réalité du contenu sous la belle image en papier glacé.
Ségolène Royal apparait progressivement comme une candidate habile. En politique, de l'habileté à la manoeuvre, il n'y a qu'une faible frontière et son passage fait naître la méfiance. C'est là que dans la même semaine, le quotidien Le Monde consacre un long reportage sur "sa passion pour les sondages" et qu'une vidéo pirate montre la volonté tacticienne de la favorite des sondages prise en flagrant délit de "double discours".
L'ambiance interne au PS aurait changé. Hier, des militants considéraient qu'amener S. Royal au second tour ce serait la fragiliser pour affronter Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, l'ambiance ne serait plus la même. Il serait considéré comme nécessaire que la victoire ne soit pas trop facile car le soutien du parti se mérite ...
Ces épisodes ont pris le pas sur une réalité électorale qui est qu'à ce jour seule S. Royal est pourtant compétititive lors d'un second tour avec N. Sarkozy. C'est ce point là qui va faire l'objet d'un coup de projecteur de sa part lors de la prochaine semaine.
Où l'on voit Sarko ridiculisé par Strauss-Kahn !
Vous êtes encore indécis(e) : regardez cette vidéo et vous verrez comment DSK se joue de Sarko dans les débats.
10 novembre 2006
DSK fustige la lâcheté et la fausseté de Sarkozy
Dominique Strauss-Kahn accuse Nicolas Sarkozy de faire preuve d'une certaine forme de lâcheté et de fausseté après le discours sur la mondialisation tenu la veille à Saint-Etienne par le président de l'UMP.
"Il joue l'imprécateur, il dénonce. Le problème, c'est que cela fait quatre ans qu'il est au pouvoir", a affirmé l'ancien ministre socialiste lors d'un point presse en marge d'une rencontre avec les militants PS de Berre l'Etang, dans les Bouches-du-Rhône.
"S'il croit que ses propositions sont bonnes, il n'a pas le droit de faire attendre la France pendant des mois et des mois pour les mettre en oeuvre. C'est une forme de lâcheté et de fausseté", a ajouté le candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007.
"Qu'il fasse ce qu'il dit ou qu'il cesse de prétendre qu'il a quelque chose à dire", a-t-il conclu.
Dominique Strauss-Kahn s'est déclaré vendredi soir certain d'emporter le scrutin interne au Parti socialiste dans l'éventualité d'un second tour.
"Je ne fais aucun pronostic", a affirmé DSK lors d'une conférence de presse à Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône) où il tenait un meeting. "J'espère seulement qu'il y aura un deuxième tour. Si Ségolène Royal fait un score inférieur à 46%, elle n'aura plus de réserve, tandis que je pourrai compter sur tous ceux qui n'ont pas voté pour elle, comme par exemple les jospinistes".
"La campagne n'est pas terminée, a-t-il rappelé, et jusqu'à jeudi, nous allons continuer à rencontrer les militants, mais déjà ce débat dans le parti a permis de montrer que les trois candidats n'ont pas les mêmes positions, ni les mêmes capacités à combattre Nicolas Sarkozy".
L'ancien ministre de Lionel Jospin a d'ailleurs enfoncé ce clou devant les 800 militants qui participaient à cette "rencontre": "pour battre Nicolas Sarkozy, le meilleur candidat sera celui dont on pense qu'il sera le meilleur président".
Au passage, il a égratigné le ministre de l'Intérieur: "J'ai bien écouté son discours (jeudi) à Saint-Etienne, c'est une mascarade dont il est coutumier", a-t-il affirmé. "Nicolas Sarkozy nous fait un grand laïus dans lequel il dénonce certains aspects de la mondialisation. Le problème, c'est qu'il est au pouvoir, qu'il est le ministre le plus influent du gouvernement. Alors s'il a des propositions à faire, qu'il les mette en oeuvre. Qu'il fasse ce qu'il dit, ou qu'il se taise".
Interrogé sur la vidéo pirate concernant Ségolène Royal, DSK a condamné la méthode qui, dit-il, "n'aura aucune conséquence sur le scrutin de jeudi". Il a par contre refusé de se prononcer sur le fond: "je ne l'ai pas encore vu, mais on m'en a beaucoup parlé. Ce qui est certain, c'est que nos enfants ont grand besoin de plus de soutien scolaire. Mais il serait complètement illusoire de croire qu'on peut avancer dans ce domaine sans les enseignants".
Dominique Strauss-Kahn a souhaité que le candidat qui sera désigné par le Parti socialiste donne la priorité aux questions économiques et sociales : "il ne peut pas être suffisant pour un candidat socialiste de défendre l'idée du retour à l'ordre", a-t-il conclu, "la gauche, c'est le progrès".
09 novembre 2006
Pour une grande relance européenne
« POUR UNE GRANDE RELANCE EUROPÉENNE »
Pour ce dernier "Hebdo des socialistes" avant le premier tour, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal et Laurent Fabius expliquent leur vision de l’Europe et du monde puis répondent à 5 questions tirées au sort de militants. Dominique Strauss-Kahn revient également sur les raisons qui l’ont conduit à présenter sa candidature à l’investiture socialiste en vue du premier tour du 16 novembre prochain.
Chère Camarade, Cher Camarade,
La campagne n’est pas encore finie - j’ai bien l’intention de poursuivre le débat avec les militants jusqu’au dernier jour ! Mais voici - déjà ! - le dernier numéro de l’Hebdo avant le premier tour.
Je veux te parler aujourd’hui de l’Europe. Ce n’est pas parce que l’Europe nous a divisés qu’il ne faut plus en parler. Au contraire ! C’est en regardant la réalité en face et en faisant preuve de volonté que nous dépasserons véritablement le « oui » et le « non ». Alors, allons-y !
L’Europe n’est pas seulement en panne ; elle est en danger. L’euro lui-même, notre monnaie, ne peut tenir durablement sans que les pays qui l’ont adopté ne s’investissent politiquement.
Je ne me résous pas à cette situation. Comme socialiste, je sais combien l’engagement européen fait partie intégrante de notre histoire commune. Comme français, je mesure combien la relance européenne est indispensable non seulement pour notre pays mais pour le reste du monde.
Nous partageons tous les mêmes objectifs : une Europe plus sociale, une Europe plus politique, une Europe plus démocratique.
Nous savons tous que des compromis, là comme ailleurs, seront nécessaires : tous les Européens ne sont pas socialistes et tous les socialistes européens ne sont pas des socialistes français !
Là où je me différencie de Ségolène Royal et de Laurent Fabius, c’est sur la méthode et le calendrier.
Je ne crois pas que l’on puisse attendre.
Je ne crois pas que l’on puisse repartir petit à petit, projet après projet, preuve après preuve.
Je propose ce que j’ai appelé « la grande relance européenne ».
Comment ? Nous devons mettre sur la table tous les grands sujets - oui, tous les grands sujets - qui font aujourd’hui problème et les traiter dans une négociation globale. La croissance, avec un euro qui n’est pas piloté politiquement et un budget qui n’est pas assez orienté vers l’avenir. La solidarité, avec des services publics qui ne sont pas suffisamment garantis et une harmonisation sociale qui est trop lente. Les institutions, qui ne permettent pas - disons-le - à l’Union de fonctionner démocratiquement et efficacement. Les frontières, qui restent floues et que chacun imagine différemment.
Quand ? Tout de suite. Nous avons la chance d’avoir un calendrier favorable - ne la gâchons pas ! Les Allemands vont présider l’Union européenne au premier semestre 2007. Nous leur succéderons au second semestre 2008. Il faut donc boucler la négociation pour fin 2008 pour qu’elle soit validée à l’occasion des élections européennes de 2009. Mon rêve, mon ambition, mon objectif, c’est que, à la fin de la présidence française, on puisse dire : "l’Europe est relancée ! L’Europe est réorientée ! L’Europe est de retour !".
C’est toujours ainsi, par le haut, par la volonté, par l’audace, que l’Europe est parvenue à sortir des crises dans lesquelles elle était plongée. C’est ce que François Mitterrand a réussi, en 1984, au sommet de Fontainebleau. C’est ce qu’il appartiendra au prochain Président de la République de réussir dès l’année prochaine.
Chère Camarade, Cher Camarade, t’ayant toujours parlé directement et clairement, je veux, pour terminer, en venir au vote du 16 novembre.
Après avoir lu, écouté, discuté, tu vas faire ton choix. Seul. Librement. Souverainement.
Tu vas répondre à deux questions simples. Qui serait le meilleur candidat ? Qui serait le meilleur président ?
Je crois que, au bout du compte, il s’agit d’une seule et même question : le meilleur président sera le meilleur candidat.
Pour gagner l’élection présidentielle, il faudra convaincre le peuple. Pour emporter la confiance du peuple, il faudra lui dire la vérité. Pour emporter la confiance du peuple, il ne faudra pas se contenter de constats, il faudra proposer des solutions - d’abord et avant tout à la question sociale. Pour emporter la confiance du peuple, il ne faudra pas épouser toutes ses positions, il faudra avoir le courage d’affirmer ses convictions et l’audace de proposer une ambition, une vision, un chemin pour le pays. Pour emporter la confiance du peuple, il faudra convaincre que notre ligne sera efficace dans la mondialisation.
Fort de ces convictions, j’ai arrêté ma priorité : le social. J’ai fixé un objectif : le plein emploi en moins d’une décennie. J’ai défini ma méthode : la social-démocratie et le « président engagé ». J’ai avancé mes principales propositions : le « Pacte de l’Elysée », le patrimoine pour les jeunes, la « grande relance européenne », une restructuration écologique de toute notre économie.
Voilà ma cohérence. Maintenant, je fais appel à toi. Je veux être le candidat des socialistes parce que je veux battre Nicolas Sarkozy. J’ai besoin de ton soutien et de ton vote. La victoire est possible. Elle dépend de toi.
Dominique Strauss-Kahn
08 novembre 2006
Strauss-Kahn a été le meilleur au cours des débats télévisés

Selon une étude Opinionway réalisée après le dernier débat, Ségolène Royal est encore en tête (58%) mais perd 8 points, Dominique Strauss-Kahn a régulièrement progressé depuis le premier débat et gagne 9 points à 36%. Quant à Laurent Fabius, il reste étal à 6% (-1 point).
Concernant le débat d'hier, Ségolène Royal a perdu 4 points, compte tenu d'une mauvaise prestation selon la plupart des observateurs, Laurent Fabius est resté stable et DSK a pris 4 points.
A la question de savoir qui des trois candidats avaient été le plus convaincant lors du dernier débat, les internautes interrogés par les journaux gratuits 20minutes et Métro ont placé DSK en tête devant Laurent Fabius, et Ségolène Royal beaucoup plus loin.
Dernière minute : Cote de popularité IFOP-Paris Match 08/11/2006
Pour chacune des personnalités suivantes, dites-nous si vous avez une bonne ou une mauvaise opinion :
Ségolène Royal 64% (-5) Dominique Strauss-Kahn 62% (+2) Laurent Fabius 38% (=)