05 novembre 2006
Jack Lang: je refuse de "suivre le dernier chien qui passe"
C'était un secret de polichinelle. Le JDD avait déjà vendu la mèche il y a 15 jours après les fuites (orchestrées) de l'entourage de Ségolène Royal (lire l'article sur "la Moselle avec DSK"). Mais il fallait que cela soit annoncé médiatiquement, c'est-à-dire au 20h de Claire Chazal sur TF1 ce dimanche.
Jack Lang a donc confirmé son soutien à Ségolène Royal, un mois jour pour jour après avoir été évincé de la course à l'investiture par François Hollande, qui, selon lui, lui aurait empêché d'avoir les parrainages nécessaires. Et quelques semaines à peine après avoir déclaré qu' "il n'était pas un toutou auxquel, sur un coup de sifflet, on pourrait intimer l'ordre de rentrer au chenil" (après les propos de F. Rebsamen lui demandant de se retirer de l'investiture) et qu' "il refus(ait) de suivre le dernier chien qui passe".
Peu importe. Depuis les choses ont changé. Il estime en effet que Ségolène Royal est la seule à pouvoir arriver en tête au premier tour de la campagne interne, ce qui n'est pas franchement une surprise. Il souhaite voir une femme accéder à l'Elysée... ce qui est louable, mais ne constitue pas en soi une perspective politique. Sans grande conviction, il a démenti avoir négocié son soutien contre un poste ministériel, mais selon l'entourage de Ségolène Royal, le ministère des Affaires étrangères lui est promis. Cela sera la 12ème fois qu'il sera ministre, un chiffre rond. Il rejoint ainsi les jeunes "pousses" de l'équipe Ségolène chargées d'insuffler ce renouveau qu'attendent nos concitoyens : Pierre Mauroy, Roland Dumas, Edith Cresson, Georges Frêche, Yvette Roudy, etc... septuagénéaires et octogénaires dont il sera le benjamin. Comme le dit Pierre Mauroy avec philosophie et tristesse : "dans cette opération, je vois plus de gens qui montent dans le train que de gens qui le poussent". On ne saurait être plus explicite et réaliste. Ce faisant, Jack Lang tire définitivement un trait sur sa fédération du Pas-de-Calais qui votera DSK.
Commentaires
Quoi.
Il a bien dit un chien. Ce n'est donc pas contradictoire avec sa décision.
Remarquez que ce n'est pas gentil pour Ségolène, mais c'est lui qui le dît, je ne fais que relever...
Ouafff
Jack a toujours été impressionné par les sondages et sa cote de popularité. C'est normal qu'il choisisse Ségolène. Surtout avec une place toute chaude au Quai d'Orsay. Ceci le vieux Jack ne nous rajeunit pas. Beaucoup de copains étaient à peine nés quand il était déjà ministre.