28 octobre 2006
DSK chaudement applaudi à Nancy
Réunis vendredi soir dans l'amphi de la fac de droit de Nancy, plein à craquer pour l'occasion, plus de mille sympathisants, de tous les âges, jeunes et moins jeunes, ont pu écouter et interroger Dominique Strauss-Kahn pendant deux heures.

Ce grand amphi nancéien a dû rappeler à DSK des souvenirs, lorsque, jeune professeur agrégé d'économie, il y enseigna de 1978 à 1981. Toujours est-il qu'après une courte introduction sur la sociale-démocratie rénovée qu'il défend, les questions ont rapidement fusé dans la salle, aucun sujet n'étant épargné : bien sûr, l'Université et son avenir, après une question posée par Richard Lioger, président de l'université Paul-Verlaine de Metz, la condition de vie des étudiants et les bourses (question posée par un jeune étudiant de l'UNEF), permettant à DSK de développer sa proposition d'un "patrimoine de départ" pour les jeunes, que ce soit pour étudier, entreprendre ou se loger, le cumul des mandats, la politique commerciale de la France et la compétitivité des entreprises, l'avenir du franc CFA et le développement du Sud, l'influence culturelle et politique française, la défense et le second porte-avion français, l'avenir de la sociale-démocratie, sa conception de la présidence, sans bien entendu oublier le déroulement de la campagne interne et des débats, la question des jurys populaires, auxquels DSK a redit son hostilité, car « créateurs de désordre », ou encore les méthodes d'approche différentes des deux autres candidats.

DSK et Jean-François Grandbastien, maire de Frouard et conseiller régional
Au total, dans une ambiance très studieuse qui sied au lieu, entrecoupée de vifs applaudissements, DSK a répondu à une quinzaine de questions dans le détail, arpentant l'estrade comme il le fait lorsqu'il enseigne. Il a insisté sur la nécessité de réformer radicalement, d'accepter les "pas en avant", même petits, lorsqu'ils vont dans le bon sens, et de dire la vérité, en bannissant le populisme qui détruit la démocratie et apporte les désillusions.
Dominique Strauss-Kahn a longuement développé sa conception de la présidence, une présidence à la fois engagée et responsable en permanence devant les français. Contrairement à une légende, le président doit être capable de tenir tête dans les réunions internationales car s'il ne gouverne pas seul bien entendu, il est seul à ces moments-là pour porter la voix de la France et de l'Europe. Tout au long de ses interventions, DSK s'en est pris avec gravité et humour à la politique de la droite et aux penchants populistes, libéraux et bushistes de Nicolas Sarkozy, "le panaméen" qui veut supprimer les droits de succession pour les plus riches.
Dans l'amphi, plusieurs partisans de Ségolène Royal se sont avoués conquis par la prestation et l'argumentation développées par DSK. Franchiront-ils le pas pour quitter les apparences et rejoindre leurs convictions profondes ?
DANS LA PRESSE:
Samedi 28 Octobre 2006, © L'Est Républicain / Nancy
Strauss-Kahn applaudi à Nancy
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Applaudi à plusieurs reprises chaudement ! Photo Serge LALISSE | |
Ils l'ont écouté avec attention, durant deux heures, dans le grand amphi de la fac de droit. De manière quasi studieuse. Mentons tendus, yeux braqués sur lui. Avec un intérêt qui aurait vraisemblablement ravi le jeune professeur qu'il fut, dans ce même amphi nancéien, de 1978 à 1981, juste après son agrégation.
Dominique Strauss-Kahn avait presque des accents professoraux, hier soir, face au bon millier de personnes venues entendre son point de vue de candidat à la candidature socialiste aux présidentielles. Il s'exprimait debout, main dans une poche, micro dans l'autre. Puis, quand son propos s'animait, le micro passait prestement dans l'autre main et celle restée libre s'agitait.
Devant lui, jusqu'en haut de l'amphi plein à craquer, une moitié d'étudiants, dont de nombreux de sciences po, pour une moitié de personnes plus âgées. Strauss-Kahn n'a pas manqué de souligner que toutes les générations étaient représentées, « des jeunes à ceux qui ont des cheveux plus gris, comme moi... »
Répondant aux questions de la salle, il a su aborder de nombreux thèmes, sous un angle qui lui tient à coeur : celui de la sociale démocratie (notre édition d'hier en page France). René Mangin, vice-président socialiste du conseil général, s'est rallié à lui. Jean-François Grandbastien, maire de Frouard, le soutient activement. Le président d'une université de Metz a pris le micro pour utiliser un tutoiement très militant.
On a même vu la grande silhouette de Mathieu Klein, hier soir, poindre en milieu de travée d'amphi. Mais le jeune vice-président socialiste du conseil général ne s'est pas assis. Il est vrai qu'il a milité pour le non à la Constitution européenne, quand Dominique Strauss-Kahn disait oui.
Reste que personne n'a sifflé le candidat à la candidature. Bien au contraire ! Applaudi à plusieurs reprises relativement chaudement, Strauss-Kahn avait le sens de la formule, il a même décoché quelques flèches, il est vrai, déjà entendues.
Mais, hier soir, ses partisans pouvaient avoir le sentiment que le vent soufflait dans son sens.
Philippe MERCIER
Commentaires
L'espoir changea de camp
eh oui le vent souffle désormais dans le bon sens. tandis que Ségolène sombre doucement et Fabius rame, DSK se dirige tranquillement à bon port, porté par des militants de plus en plus nombreux.
Avis de tempête au PS
Il faut un bon bateau, la sociale-démocratie, une bonne carte, le programme du PS, un capitaine qui tienne fermement le cap, DSK, et un équipage lucide et conscient lui faisant confiance.
En automne, la saison est propice question vents.
