23 octobre 2006
DSK : des jurys populaires NON, des comptes-rendus de mandat OUI
Dominique Strauss-Kahn s’exprimait ce matin sur Europe 1. Interrogé sur les « jurys populaires » proposés par Ségolène Royal qui ne figurent d'ailleurs nullement dans le projet socialiste, DSK s’y est fermement opposé, répliquant qu’il était favorable à la généralisation des comptes-rendus de mandats.
Les jurys populaires, outre qu’ils rappellent furieusement l’époque stalienne de l’URSS avec les commissaires du peuple et les commices politiques communistes, sont contraires aux articles 3 et 27 alinéa 1 de notre Constitution. Aucun démocrate ne peut accepter qu’un petit groupe, fut-il tiré au sort, s’accapare les pouvoirs du peuple et de ses représentants. Attention : danger, dérapage en cours !
PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, s'est opposé lundi à la proposition de Ségolène Royal de « jurys populaires » pour contrôler les élus, préférant « des comptes-rendus de mandat aussi fréquents que possible ».
« Généralisons les comptes-rendus de mandats, mais pas de jurys populaires. Le suffrage universel, c'est la règle et dans l'intervalle, entre deux élections, des comptes-rendus aussi fréquents que possible », a-t-il déclaré sur Europe 1.
Dominique Strauss-Kahn était interrogé sur la proposition de sa concurrente pour l'investiture PS Ségolène Royal d'instituer « des jurys de citoyens tirés au sort » qui évalueraient les politiques mises en place par les élus.
« S'il s'agit de dire que les élus doivent faire des comptes-rendus de mandat, comme le fait Bertrand Delanoë à Paris, il n'y rien de neuf. S'il s'agit de mettre en place, éventuellement en les tirant au sort, des assemblées qui viendraient concurrencer celles qui ont été élues démocratiquement en début de mandat et mettent en place la politique municipale, départementale, régionale, je suis contre », a expliqué M. Strauss-Kahn.
Selon le député du Val d'Oise, « ce serait créateur d'un énorme désordre que d'avoir des assemblées d'un côté qui critiqueraient une autre assemblée qui elle aurait été élue ».
Evoquant la primaire entre Laurent Fabius, Ségolène Royal et lui-même, Dominique Strauss-Kahn a affirmé que « cela bouge beaucoup dans le PS » et que « le deuxième tour est probable ». « Les choses ne sont pas faites », a-t-il dit.