03 octobre 2006
Dominique Strauss-Kahn sera le candidat social-démocrate
PARIS (Reuters) - Dominique Strauss-Kahn a souligné son positionnement social-démocrate dans la course à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, affichant une volonté de se démarquer des deux autres candidats, Ségolène Royal et Laurent Fabius.
Pour le député du Val-d'Oise, il s'agit d'avoir le "social comme objectif" et d'être "démocrate dans la méthode".
Dominique Strauss-Kahn, qui était interrogé sur France Inter, a fait valoir que la social-démocratie du nord de l'Europe, allemande ou scandinave, qui laisse une grande part au contrat et à la négociation entre partenaires sociaux, est "plus adaptée au monde d'aujourd'hui".
En France, une trop grande confiance est accordée à la loi pour régler tous les problèmes, a-t-il dit, jugeant que la gauche n'était "pas assez" social-démocrate quand elle était au pouvoir.
Sur le fond, le candidat à la candidature a estimé qu'une politique sociale-démocrate appliquée aux problèmes des banlieues devrait constituer "un équilibre satisfaisant entre la répression qui est nécessaire et la prévention et l'attaque des causes de cette délinquance."
Parmi ces causes, il a cité l'analphabétisme, le chômage et la "disparition du lien social". L'adjoint au maire de Sarcelles (Val-d'Oise) en veut pour preuve des "quartiers entiers" de sa ville où il n'y a "pas un bureau de poste, pas un commissariat de police, pas un service public."
Tout en reconnaissant que la gauche avait "peut-être laissé trop de côté les questions de la répression", il accusé à cet égard le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de ne viser au contraire "que la répression".
"Ne croyons pas qu'on puisse vivre dans une société policière, vers laquelle aujourd'hui la droite nous oriente, qui consisterait à laisser les causes d'explosion se multiplier et à vouloir derrière simplement jouer les pompiers", a-t-il lancé.
De même, en matière d'immigration clandestine, l'ancien ministre de l'Economie a estimé que s'il fallait la "combattre", il fallait aussi s'attaquer à la filière qui favorise cette immigration : passeurs, logeurs de clandestins et aux employeurs de clandestins, plutôt que de "pourchasser les victimes".