26 août 2006
Le discours de DSK à La Rochelle
C'est dans la salle de l'Oratoire à La Rochelle que Dominique Strauss-Kahn, devant quelques neuf cents sympathisants, s'est adressé à tous les militants et au-delà à nos concitoyens. Enormément de jeunes, trentenaires et quadras. L'ambiance était surchauffée et l'événement, retransmis en direct sur LCI. Entrée discrète de DSK, applaudissements nourris.
DSK a tout d'abord mis l'accent sur la nécessité de changer la politique, pour ne plus avoir les mêmes débats, les mêmes postures, les mêmes promesses non tenues.
"La France mérite maintenant la clarté et la vérité".
Il faut aussi changer la gauche et se rassembler autour d'une dynamique de changement. Il faut parvenir à un accord avec les forces de gauche, non pas pour rééditer une gauche plurielle, mais pour construire un nouveau projet. Ce projet doit être construit autour de trois axes :
- Il faut vivre : la vie repose sur de la consommation d'énergie et c'est le grand problème en ce début de XXIème siècle. La question est de préparer l'après pétrôle.
Du fait de cette dépendance tous les pays sont imbrigués dans une géopolitique instable. Il faut aussi préparer l'après pétrôle car les énergies fossiles détruisent la planète.
"J'enrage que dans notre pays rien ne soit en train de se préparer" pour :
- réaliser des économies d'énergies
- promouvoir la recherche et l'innovation
- relancer le débat sur le nucléaire
La question de l'énergie se pose à l'échelle européenne, il faut donc construire une Europe de l'énergie. L'Europe dispose dans ce domaine d'un atout considérable, elle a de l'avance ! Les Etats-Unis vont devoir revoir leur modèle et l'Europe peut devenir un modèle.
C'est le rôle du Président de la République que d'être capable d'organiser cette Europe de l'Energie.
- Il faut survivre : Il y a dans notre pays beaucoup de souffrance, c'est le quotidien de beaucoup de personnes. La création de richesse doit être au centre de notre réflexion. Mais il faut préserver les destructions, il faut préserver les industries. Il faut revoir le modèle de croissance, et çà, c'est le rôle du Président.
Il faut organiser les mutations et développer l'économie de la connaissance. L'accent doit être mis sur l'éducation, les universités et la recherche.
Cette perte de dynamisme dans ces domaines à 1000 conséquences et notamment sur la santé de la population et le vieillissement.
Le vieillissement a des conséquences multiples sur l'équilibre complet de notre société. La croissance de la population n'est plus assurée. Et il n'y a pas beaucoup de solutions pour y remédier, il faut une immigration positive. Il ne faut pas avoir peur de l'affirmer, il ne faut pas avoir peur de se regarder en face.
Le seul dans le pays qui peut l'affirmer, avoir le courage de repousser la xénophobie, c'est le Président de la République.
- Il faut vivre ensemble avec nos voisins européens. La Paix est le modèle de l'Europe. Nous avons réussi à domestiquer la guerre. A propos du Liban, la France est aujourd'hui exposée. La France a été cocardière en se lançant dans une course au leadership alors que nous aurions dû proposer une solution Européenne.
Vis à vis de la politique avec les pays du Sud, ces pays connaissent un vrai désastre économique dans lequel les anciens pays colonisateurs ont une véritable responsabilité. Ce n'est pas une responsabilité dont on s'exhonère en versant de l'argent. Il faut agir sur leur développement. C'est le Président qui doit assumer.
C'est aussi le Président qui doit faire avancer l'Europe. Il était de la responsabilité du Président Français au cours de l'année écoulée que de proposer un plan de relance de l'Europe politique.
Qu'est-ce que doit faire le Président de la République ?
Pourquoi Dominique Strauss-Kahn est-il candidat ?
Il est candidat pour donner un nouveau souffle et c'est le Président de la République qui doit insuffler ce changement. Le temps est passé d'un Président qui donnerait le cap et qui s'en contenterait. Il faut qu'il innove, qu'il agisse.
Il faut une candidature de conviction.
"Je suis le candidat pour être le Président, pour construire cette voie nouvelle".
Nous en aurons la force à condition :
- de redonner à la politique sa noblesse,
- de repousser le renoncement, tel que l'incarne Sarkozy,
- de renforcer notre démocratie.
"Nous devons avoir plus que par le passé un Président qui gouverne et nous devons avoir plus que par le passé un parlement qui contrôle l'action du Président et du gouvernement."
Il faut restaurer des relations d'égal à égal entre les administrations centrales et les administrations locales. Il faut un rééquilibrage et entrer dans une ère nouvelle de la décentralisation.
C'est le second pilier pour parvenir à un équilibre des pouvoirs dans notre pays.